SUP Trip : ils ont passé 9 jours en autonomie totale dans les fjords d’Oman

En octobre dernier, Jérôme Chablais et François Martin, deux géologues genevois se lançaient dans une aventure inédite: explorer les fjords de la péninsule de Musandam entre le Golfe Persique et le Golfe d’Oman. Ces deux explorateurs habitués respectivement aux explorations en kayak, partaient ensemble pour la première fois et pour la première fois aussi sur des Stand-Up Paddle. C’est la marque suisse Fool Moon, qui enchaine les récits d’aventures en SUP à travers le monde (on vous recommande notamment la lecture de la descente du Canal des Pangalanes à Madagascar) qui a décidé de soutenir les deux aventuriers en les équipant des pieds à la tête. Carnet de voyage !

Bonjour Jérôme et François, pouvez-vous présenter votre duo ?

Jérôme Chablais + François Martin : Nous sommes un duo d’explorateurs en quête de nature et de découverte de lieux insolites, isolés du tumulte des grandes villes et du quotidien, et à la recherche d’expérience de vie simple sans fioriture.

François et moi-même sommes géologues de formation. Nous avons étudié dans la même université à Genève où nos études nous ont envoyés chacun à travers le monde sac au dos et souvent seul en autonomie totale. L’un et l’autre nous avons beaucoup voyagé par nos jobs passés en géologie d’exploration, en particulier le Guyana et le Montana pour François et le moyen Orient dont le Sultanat d’Oman pour moi. Tous deux, nous partageons la passion des océans, mers et fleuves où nous aimons partir en exploration dessus. Nous avions chacun expérimenté des voyages d’explo en kayak de mer en total autonomie pendant plusieurs jours, Bahamas pour ma part et Croatie, Sardaigne (5x) et Corse pour François. Ce trip était notre premier voyage en commun avec François. 

Comment vous-est venue l’idée des fjords d’Oman et pourquoi en SUP ?

J’ai passé une partie de ma thèse de doctorat dans les montagnes de la Péninsule de Musandam en 2008 et c’est à cette occasion que j’ai découvert cette région et ces fjords d’Oman faisant face au détroit d’Ormuz. Là-bas, tu es immergé dans une immensité minérale de toute beauté avec des falaises de couleurs jaune ocre, rouges ou orangées qui tombent à pic dans une mer bleu foncé à bleu turquoise. Les plans d’eaux sont lisses comme un miroir et reflètent cette immensité minérale. Très vite, je me suis dis que cet endroit était un spot idéal pour se lancer en totale autonomie à la découverte de ces fjords en kayak. Par manque de temps, je n’ai pas concrétisé ce projet, mais je le gardais au chaud avec une folle envie de retourner dans ces montagnes et fjords. C’est en commençant à pratiquer le Stand Up Paddle (2016) que je me suis dis que ces fjords d’Oman étaient l’endroit parfait pour tester un voyage d’exploration en totale autonomie en SUP. Rien qu’à l’idée de me voir debout sur une planche à avancer face à cet environnement marin et montagneux, j’en avais des frissons 😊. Je voulais faire le voyage en 2017, mais c’est en novembre 2018 avec François que ce dernier s’est concrétisé !

Comment s’est faite la rencontre avec Fool Moon ?

JC: J’ai rencontré Pierre-Yves Hocké, le fondateur de Fool Moon debout sur ma planche en descendant l’Aar en direction de Berne en sa compagnie et avec mes amis du club SUPSpirit de Sion durant le mois d’août 2018 ! A partir de là, tout est allé très vite. Pierre-Yves et Fool Moon ont grandement participé indirectement puis directement à la réalisation de ce projet de SUP trip en Oman.

Une fois l’envie personnelle de faire vraiment ce sup trip en Oman, j’ai commencé à en parler à mon entourage et en particulier avec François.

JC + FM : Nous avions en effet tous les deux quelques sorties de paddle prévues durant l’automne 2018 et ça été la vraie occasion de monter ensemble ce voyage. Pas le temps d’hésiter, et après quelques soirées bières… nous avions réussi avec François à ficeler ce voyage. Nous avions tous deux sacrément besoin de vacances !

Pendant ce mois d’octobre 2018, nous avons rencontré à plusieurs reprises Pierre-Yves, ce qui nous a permis de nous imprégner de l’histoire de Fool Moon et les multiples SUP aventures qui sont liées. Nous avons expliqué à Pierre-Yves notre plan de sup trip dans le détail, soit faire une traversée entre les fjords d’Oman au niveau de la Péninsule de Musandam. Très vite, on a partagé tous les 3 un intérêt commun pour la découverte de lieux insolites et le côté exploration. Pierre-Yves nous a proposé son aide pour le matériel et nous avons donc finalisé les grandes lignes du projet, discuté du matériel requis, des limites du portage en SUP et des variantes d’itinéraires. Pierre-Yves devait partir avec nous, mais un planning chargé avec visite de l’usine en Chine l’en a empêché.

JC + FM : Avant le départ, nous avons pu tester à plusieurs reprise la planche gonflable X-Moon de Fool Moon, sur Lac et sur Rivière. Son shape et sa stabilité nous ont juste bluffé. Malgré une largeur importante (12 x 34 x 6), cette planche te permet de glisser à vive allure. Il n’y a eu aucun doute sur le choix de la planche. François et moi-même avions regardé d’autres modèles de planches gonflables touring, mais notre préférence est partie sur la X-Moon. La largeur alliée à la vitesse et maniabilité de la planche, ainsi qu’à son poids la rend incroyable pour réaliser des SUP trips d’explo à travers le monde !

Finalement, au niveau matériel nous avons pu bénéficier chacun du set suivant : Planche X-Moon, Pagaie Race Carbon Dark Side (3 parts) + Pagaie Wave Carbon Dark Side (3parts), Sac étanche Balian 60L, Sac étanche Balian 30L, Banana Bag Balian 3L, ainsi qu’un gilet d’aide à la flottaison Bora-Bora. Ce set complet Fool-Moon a été testé dans les conditions disons les plus dures, sur mer et sur terre. Le sac Balian 3L était parfait pour le petit matériel à toujours avoir sous la main, comme les appareils photos et cartes. Le sac étanche de 30L nous a accompagné dans tous nos trips sur terre pour remonter les wadi que nous croisions en route. Le sac Balian 60L se pose parfaitement à l’arrière de la planche et s’accroche aux loops cargo existants. Nous avions hésité à prendre double pagaie chacun, mais nous avons bien fait. En effet, nous avions une pagaie race et une pagaie wave qui s’est avérée indispensable lors de mer agitée pour avancer avec force face au vent et dans les vagues. La pagaie Race Carbon Dark Side est quant à elle idéale pour de la longue distance sans te fatiguer les épaules. Le gilet Fool-Moon et son orange flashi t’assure visibilité… surtout lorsque tu te retrouves face à un ferry… Nous avons paddlé plusieurs km avec et nous n’avons ressenti aucune gêne.

D’une manière générale, tout ce matériel Fool-Moon offre une grande souplesse pour le voyage, tant par le côté gonflable et léger de la planche que pour ces options de pagaie en 3 parties, facilement transportable et rangeable sur ta planche.

Pouvez-vous détailler chronologiquement le circuit que vous avez suivi ?

JC + FM : Nous sommes partis tout d’abord de Zürich le 07/11/18 pour Muscat où nous avons passé une nuit chez des amis. Nous nous sommes déjà offerts une sortie SUP paddle au sud-ouest de Muscat dans un bras de mer protégé idéal pour se mettre en jambe après quelques heures de vols. Le lendemain matin (08/11/18), départ tôt pour Khasab, cette ville principale de la Péninsule de Musandam.

Le but du voyage était de partir d’un fjord situé au sud-est de Khasab que nous devions relier par 4×4, longer une bonne partie de ce fjord en SUP, puis traverser un col à pied pour rejoindre le fjord principal de Musandam qui nous permettait de revenir en SUP directement au port de Khasab. Et c’est ce que nous avons pu faire. Tout compris (aller-retour, traversée d’une rive à l’autre pour découvrir des criques isolées, etc.), nous avons fait un peu moins de 100 km en 9 jours avec 8 nuits à la belle étoile.

En atterrissant à Khasab le 08/11/18, nous avions prévu de déposer une partie de nos affaires à l’hôtel où nous devions passer la dernière nuit. Arrivée sur place, super accueil et personnes extrêmement arrangeantes. Nous avons déposé tout notre paquetage et sommes partis à pied faire les courses de base pour 10 jours dans un centre commercial situé juste en face. Retour à l’hôtel avec le caddie remplis ras-bord… On s’est même ensablé avec pour rejoindre l’hôtel. Là, on a offert un peu de variétés au réceptionniste qui avait plutôt l’habitude de recevoir des clients de luxe… Arrivée d’un taxi 4×4, chargement et départ pour la baie de Khor Najd à plus d’une heure de route.

L’arrivée au sommet de la baie de Khor Najd offre un panorama grandiose du premier fjord. Arrivée en bas, déchargement du 4×4 et préparation de nos affaires dans les sacs étanches et remplissage des réservoirs d’eau. Il nous a fallu 2 bonnes heures pour tout préparer avant de se mettre à l’eau en fin d’après-midi. Nous avons paddlé environ 10km le premier jour en rive gauche du fjord pour rejoindre une baie protégée du vent et passer notre première nuit en bivouac. Nous avons poursuivi 3 jours ensuite à remonter cette rive gauche de ce premier fjord avec de multiples incursions dans toutes les baies/criques qu’offrait cette côte et traversés vers des petits ilots isolés au milieu du fjord. Nous faisions environ 10-15 km/jour. Il faut compter le temps pour installer son bivouac et pêcher pour la nourriture (Merci François !). Nous avions la base avec nous (riz, semoule, quelques fruits et légumes, etc.). Nous avons assez vite trouvé l’endroit que nous avions repéré sur Google Earth pour traverser facilement d’un fjord à l’autre. Nous avons décidé alors de poser notre campement pour 2 nuits dans cet endroit qui formait une petite crique rocailleuse protégée. De là nous avons pu partir à la découverte du reste du fjord en mode light. Nous sommes allés jusqu’au bout où nous avons grimpé un col escarpé qui offrait un panorama splendide sur le deuxième fjord. Nous aurions pu traverser avec tout le matériel ici également, mais c’était un poil escarpé pour réaliser tranquillement les allers-retours nécessaires. La montée à ce col est assez folle, car tu grimpes comme sur d’énormes marches d’escaliers formées par les strates de roches. Ces couches de roches calcaires orangées, rougeâtres et jaunâtres sont remplies de fossiles marins vieux de plus de 200 Ma (coraux, éponges, oursins, huîtres, et autres coquillages fossilisés) … Tu as l’impression de marcher sur un fond marin rocheux…

Nous avons entamé la traversé en direction du second fjord en fin de journée du 4ème jour, une fois le soleil couché (il faisait entre 33 et 36° les premiers jours, sans vent…). Nous avons réalisé 3 allers-retours chacun pour porter tout le matériel au col. Le choix de la X-Moon s’est avéré payant ici, car elle fait 10 kilos pour son gabarit ce qui est très peu. Nous avions confectionné des sangles de portages hyperlight avec les sangles de notre duffle bag Fool-Moon. Donc définitivement La planche et le matos idéals pour des trips expé de ce style. Nous avons passé notre 4ème nuit à ce col sans vraiment dormir, car c’est à partir de ce moment qu’un vent puissant provenant du Golfe Persique (Iran) s’est levé pour ne plus s’arrêter les 3 jours suivants. Tu danses littéralement dans ton hamac avec un vent pareil 😊.

Réveil le lendemain avec les rayons du soleil vers 5h00 et départ pour les 3 allers-retours du col jusqu’à notre nouvelle mise à l’eau au niveau du village de Maqlab.

FM : En se demandant l’un l’autre si tout allait bien après cette nuit pauvre en sommeil et ces aller-retours assez physiques, la réponse était la même des deux côtés : « super, c’était une magnifique nuit et un grand plaisir d’être là » ! Dans ce genre de moments, tu te rends compte que tu as choisi le bon partenaire pour le trip car l’enthousiasme n’est pas une évidence pour tout le monde dans ces moments-là.

JC + FM : Nous étions opérationnels à nouveau vers 10h00 du matin pour démarrer ce second fjord. Le vent fort et la mer commençait à moutonner rendant notre avancée assez délicate.  Nous avons filé sur l’île de Telegraph Island située au milieu du fjord et offrant une crique complètement fermée au milieu de l’île, idéal dans ces conditions venteuses. Cette crique, repérée par François sur Google Earth lors de nos préparatifs, forme en quelque sorte un petit lagon protégé avec une eau bleu turquoise et riche en poissons. L’endroit étant magique, nous avons passé le reste de la journée à monter notre camp, se baigner, pêcher et grimper au sommet de l’île offrant un panorama à 360° !

Le lendemain, il a fallu décider si nous tentions de nous enfoncer tout au fond du fjord pour ensuite remonter par l’autre rive. Vu les conditions, nous avons préféré commencer la remontée en direction de Khasab en jonglant entre les rives pour tenter de s’abriter du vent entrant dans le fjord. Cette remontée fut sacrément physique. Impossible d’avancer debout sur ta planche ! Position à genou en mode kayak pour résister au vent et avancer tant bien que mal. Nous avons passé 2 jours dans ces conditions jusqu’à ce que le vent tourne et s’inverse pour nous pousser finalement en direction de Khasab. C’est sur ce retour que nous avons vécu cette superbe expérience de planctons phosphorescents la nuit, t’offrant des virées de SUP Paddle hallucinantes. Notre arrivée sur Khasab était top, le calme après la tempête. Nous sommes entrés dans le port en côtoyant bateau de pêche, bateau à touristes et énorme ferry… tu te sens assez petit là. Un canal menait directement à notre hôtel d’arrivée ! Nous avons débarqué à 150m de l’entrée et la petite voiturette de l’hôtel est venu chercher notre matos… la grande classe. En arrivant à la réception après 10 jours, le réceptionniste nous a accueilli par un « you are safe ! » Ceci a clôt notre superbe Oman Sup Trip dans cette péninsule. A recommander sans retenue !

Avez-vous rencontré la population locale ? Quel accueil avez-vous reçu ?

JC + FM : La Péninsule de Musandam est très très minérale avec des petits villages de pêcheurs ou bergers disséminés par-ci par-là le long de la côte. Nous avons atterri à Khasab qui est le village de pêcheur principal de la Péninsule. Les omanais ont le cœur sur la main. Ils sont incroyablement accueillants et respectueux. Ils prennent le temps à s’intéresser à ce que tu viens faire chez eux, mais sans aucune pression touristique ou autre, en particulier dans cette région où le tourisme est relativement faible.

Notre accueil à Khasab a donc été magnifique. Nous avons été aidés par le réceptionniste de l’hôtel, où nous avions prévu notre dernière nuit, pour trouver sur place une voiture nous permettant de rejoindre la baie de Khor Najd pour démarrer notre trip. Nous avons reçu aussi plusieurs numéros de téléphone de pêcheurs locaux pour nous assurer un retour si jamais quelque chose arrivait.

Les rencontres ont surtout été au départ et à la fin du trip, excepté quelques magnifiques échanges en cours de route. Le premier fjord qui s’ouvre sur l’océan indien était d’un calme incroyable. Tu as quelques villages, mais nous n’avons croisé personne mise à part quelques petits bateaux de pêche au large. Là tu as vraiment la sensation d’être seul au monde quand tu t’enfonces au fond de ce fjord. L’impression est accentuée par l’aspect miroir de l’eau ! Tes seuls compagnons sont ta planche et les milliers de poissons qui tournoient dessous dont de nombreux requins à pointes noires et raies.

Au départ du trip, toute une bande de potes émiratis venant de la région de Dubaï pour camper et pêcher dans la baie de Khor Najd ont bien rigolé avec nous en nous voyant débarquer tout notre matériel qui devait tenir sur nos planches. Leur première réaction a été de nous dire « what you want to do…it’s not possible », « where is your boat…? »…ils ne pensaient pas que nous pouvions avancer avec tout ce matériel et que nous ne pourrions pas passer d’un fjord à l’autre à pied.

Vers la fin du parcours, nous avons fait une nuit sur une belle plage de sable blanc. En fin de journée des jeunes pêcheurs sont venus réparer des filets qu’ils avaient laissé sur place. Nous avons pu échanger quelques mots avec eux. En partant en fin de journée, ils nous ont promis de revenir le lendemain matin avec leur pêche…au départ le lendemain matin, c’est un vieux omanais à la longue barbe blanche qui a débarqué avec son petit bateau pour nous déposer toute sa pêche du matin dont un barracuda. Il était ravi que nous ayons dormi là à la belle étoile. Son sourire valait plus que mille mots.

Le reste de notre route a été calme, et c’est ce que nous recherchions par-dessus tout, soit une immersion dans ce paysage grandiose. Le dernier soir et nuit a été toutefois mémorable, car nous avons choisi une crique située avant Khasab, notre port d’arrivée. En fin de journée, une équipe d’amis émiratis venant passer un weekend de bivouac est arrivée en bateau. Les émiratis de Dubaï sont nombreux à venir profiter de la péninsule de Musandam le weekend, car l’accès est rapide par la route le long de la côte. Cette équipe est tout d’abord venue vers nous pour nous demander s’ils pouvaient également s’installer là. Cette politesse montre le respect des locaux et autres personnes de la région. Ils ont commencé à débarquer de leur petit bateau de pêche une « tonne » d’affaires qu’ils avaient prévu pour le weekend…D’un côté il y avait nous en mode plutôt « spartiate » avec nos hamacs et de l’autre côté tu avais un véritable camp berbère avec tente pour le séjour, tapis, et toute la nourriture que tu pouvais imaginer. Nous sommes partis avec eux en fin de journée pour aller pêcher au large pendant 2 bonnes heures. Un super moment de rigolade sur le bateau dès que quelqu’un sortait une belle prise. Le soir approchant, nous sommes vites rentrés avec le bateau, car à la tombée de la nuit tu assistes dans cette région de Musandam à un spectacle détonnant… soit un défilé de hors boards ou autres zodiacs iraniens surpuissants chargés au max de cartons de cigarettes de contrebande qui partent des côtes de Khasab en grappe en direction de l’Iran sans feux et à vive allure… Là tu fais mieux de déguerpir. De retour sur la place, nous avons fait un bon feu avec nos nouveaux amis et grillé le poisson directement sur une grille pour les manger tous ensemble couché sur leur tapis. Juste royal ! Cette dernière nuit a ensuite été agrémentée de multiples visites d’un renard dans nos affaires 😉.

Quelles ont été les principales difficultés au cours de votre périple ?

JC + FM : Partir 9 jours en autonomie en SUP t’oblige à bien condenser tes affaires et à ne pas exagérer sur le superflu. Le paquetage et le sanglage sont donc super importants sur ta planche. Comme mentionné ci-dessus, la X-Moon est une planche offrant surface et stabilité sans enlever quoi que ce soit à la vitesse. Sa largeur te permet d’entreposer ton matériel avec des sacs étanches sans problèmes. Nous avons dû cependant customiser nos X-Moon avant le départ en y rajoutant des attaches type Loop Cargo un peu partout pour augmenter le sanglage devant et derrière.

Une fois sur place, le jour-j, nous avons été confrontés à la réalité du paquetage final avec toute l’eau nécessaire et les stocks de nourriture (JC : malgré quelques tests en Suisse avec ma planche chargé au max + 2 de mes 3 enfants dessus… ; FM : idem pour moi avec mon chien en plus).

La première difficulté est donc de pouvoir placer tout le fret sur la planche et d’assurer un sanglage efficace des sacs étanches et des réservoirs d’eau (3 x MSR ou Ortlieb 10L) sur ta planche sans que rien ne glisse. 

La deuxième difficulté principale est le vent… Là c’est vite l’angoisse, car avec tout le paquetage que tu as sur la planche, dès le moment où tu as quelques nœuds de face, mais surtout latéralement tu dérives …. Tu es obligé de paddler toujours du même côté non-stop sur plusieurs kilomètres.

L’eau potable peut s’avérer délicat si tu perds ou perce un réservoir, mais nous avions pris avec nous un dé-salinisateur manuel (4.5L en 1 heure) que nous avons utilisé. C’est gros et lourd comme appareil, mais peut sérieusement te dépanner. C’est un appareil qui est prévu pour être utilisé en survie, donc il faut relativement peu d’énergie manuelle pour faire tourner ce filtre mais il faut être par contre patient.

Le manque d’arbre fut aussi une difficulté à 2-3 reprises pour placer son hamac correctement, mais quelques coinceurs et crochets plus tard dans des blocs ou parois ont vite fait de corriger ce manque d’arbres 😊 !

Quels sont les meilleurs souvenirs que vous garderez de ce SUP trip inédit !

JC + FM :

  • La sensation du départ lorsque tu gonfles et charges ta planche au milieu de nulle part dans ce paysage désertique et que  “go !”, tu te lances sur cette eau miroir seul au monde. C’est vraiment puissant comme sensation ! Le logo vert « luxuriant » Fool-Moon contrastait bien dans cet environnement minéral… trop beau !
  • Paddler sur ces eaux miroirs d’un calme incroyable avec tous ces poissons autour. Le reflet des falaises environnantes est à couper le souffle
  • Les nuits en bivouacs dans ton hamac accroché tant bien que mal entre un arbuste et un rocher. Impossible d’enlever nos lunettes pour dormir, car à chaque fois que tu te réveilles tu veux pouvoir contempler ce ciel étoilé pur… Lors de la nuit au col, nous avons pu observer une météorite rentrer dans l’atmosphère, soit une gerbe de feu sur plusieurs kilomètres. Hallucinant…
  • Le SUP paddle de nuit parmi le plancton phosphorescent ! Irréel…chaque coup de pagaie brasse ce plancton qui transmet une lumière blanche-verdâtre. Ta planche laisse également une traînée de lumière en avançant et les poissons s’échappant au-devant laisse des trainées lumineuses incroyables tout autour de toi. Difficile à décrire tellement c’est magique. François avait vécu ceci en Croatie, mais moins fort.
  • Les pêches miraculeuses ! Ou du moins big merci à François pour sa maîtrise de la canne à pêche !

FM : Ayant l’habitude de pêcher au harpon ou à la ligne dans mes expés en kayak, j’étais ici aux anges, car les sessions de pêche à la ligne étaient très productives et nous dégustions de succulents poissons quasiment tous les soirs.

JC : Ma quasi seule et unique pêche mémorable du trip une prise avec ma palme… !

FM : Sans le vouloir, Jérôme a surpris un joli petit mérou en arrivant à pleine allure avec sa X-Moon en bordure de plage et le poisson a sauté pour s’échoué sur le rivage en s’enfuyant. Ensuite il a réussi à l’attraper dans le chaussant de sa palme juste avant qu’il arrive à rejoindre la mer à nouveau. C’était un bon 45 de pointure et une des plus belles prises du séjour ! Personnellement, je salue l’innovation de Jérôme dans les techniques de pêches ;o)

De manière générale un rythme de vie totalement différents de ce que l’on peut avoir lorsque l’on est à la maison ou en voyage traditionnel. Les tâches et objectifs dans les journées sont réduits à l’essentiels, avancer, trouver des endroits pour dormir, attraper et préparer sa nourriture, s’assurer que son matériel et son compagnon de voyage tienne bien la route. C’est super chouette de vivre sous un schéma si différent pendant un temps comme cela, c’est un retour aux sources qui nous ressource en énergie. On se sent beaucoup plus « vivant » pendant toute la durée de l’expé ! Et tout cela se déroule dans un cadre incroyable offert par ces majestueux fjords d’Oman.. ça rend le tout encore meilleur ! Merci Jérôme pour nous avoir guidé vers cette destination !

Quelles recommandations feriez-vous à un SUPer souhaitant vous emboiter le pas?

JC + FM : Go, everywhere, anytime! Les SUP explo trip sont justes incroyables. Ayant expérimenté des trips en kayak avant où tu es assis dans une coque, le SUP t’offre une perspective de la nature, debout, incroyable ! Tu te sens littéralement happé par les paysages que tu découvres. Donc ne pas hésiter à se lancer dans les projets les plus fous dans les lieux les plus reculés en assurant le matos qui va avec !

En restant pragmatique, il est important de bien tester son matériel avant départ au niveau des sacs étanches et sanglages. Tester avant la meilleure façon d’harnacher tout le matériel sur sa planche en fonction de ses préférences (poids devant ou derrière).

Si autonomie, prévoir un dé-salinisateur et une bonne canne à pêche ou filet ! ainsi qu’un téléphone satellitaire selon les coins où vous allez.

Prévoir le matériel clef à double (pagaie, tube pour pompe) et suffisamment de rustines pour les réparations. Nos planches ont vraiment été testées en conditions difficiles avec des coquillages type huîtres, collés sur les rochers et coupants comme des rasoirs au moment où tu accostes sur des falaises…Mais aucune n’a été percée ! Mille Mercis à Fool-Moon ! C’est du beau matériel, robuste, efficace et esthétique de surcroit ! Les sacs étanches Fool-Moon se sont avérés parfait également. Bref, la combinaison gagnante ! L’esprit Fool-Moon nous a porté tout au long du trip et nous nous réjouissons de remettre ceci en 2019 ! Bahamas….

Pour plus d’informations sur Fool Moon:
www.fool-moon.com

TotalSUP Newsletter