Nous démarrons cet interview de Morgan Bénard en lui souhaitant un très joyeux anniversaire puisqu’au aujourd’hui 5 juin, le vainqueur de la Dordogne Intégrale 2023 en SUP solo Hommes fête ses 37 ans ! C’est pour mieux faire connaissance et nous intéresser à son exploit du mois dernier que nous lui avons posé quelques questions autour de cette édition spéciale de la D.I. longue de 360 kilomètres qu’il a réussi à boucler dans un temps incroyable de 30 heures 52 minutes et 41 secondes sur une planche 3 Bay Paddle – la marque made in France qui a d’ailleurs trusté 95% des podiums SUP toutes catégories confondues sur ! Avant de retrouver Morgan Bénard sur les 80 kilomètres de la Tarn Water Race 2023 le week-end prochain, une autre course exceptionnelle d’Ultra Longue Distance en France, nous voulons tout savoir sur sa victoire sur la DI 360 !
Bonjour Morgan, peux-tu nous sortir ta fiche d’identité ?
Salut Mathieu. Je m’appelle Morgan Bénard, j’ai 37 ans et je vis en bretagne dans une petite ville proche de Lorient mais surtout de la mer.
J’ai eu beaucoup de métier différents (de prof de tennis, à cuisinier en passant par vendeur en magasin de sport…) et je travaille depuis quelques années dans la vente de meubles en teck au sein d’une petite entreprise, ce qui me permet d’être disponible pour les courses de sup.
Je viens d’une famille de sportifs bretons et vis avec ma compagne et sa fille, qui est aussi fan de cheval que je le suis de SUP. Je vous laisse imaginer la vie de la maman entre les cravaches et les pagaies…
Je pratique tous les sports que je peux dès que j’en ai l’occasion, j’ai passé 10 ans dans un kayak étant enfant, 26 ans avec une raquette de tennis à la main, une 15aine d’années sur une planche de skate ; le tout accompagné de vtt, de planche à voile, de squash, de surf, de skim, d’escalade…
Qu’as tu ressenti quand tu étais déclaré vainqueur en SUP de la DI 360?
Un tel mélange de sentiments que, sur le moment, c’est compliqué de réaliser, une fierté énorme d’avoir réussi à aller au bout de cette course et d’être félicité par nuls autres que Mr Phillipe Marchegay et Mr Florent Dode, un soulagement de réaliser que je vais pouvoir descendre de ma board plus de 5 minutes et en même temps une déception que ça soit déjà fini, une joie immense de retrouver mes parents (mes super assistants) sans qui je n’aurais pas pu être de la partie.
Qu’est ce qui t’a poussé à participer à cet événement cette année?
C’est ma course préférée de toute la saison (c’était même ma première course de sup en 2019) et je ne la raterai sous aucun prétexte. J’avais envie de me prouver que j’étais capable de ramer sur une aussi longue distance et de voir où je pouvais me classer suite à ma 5ème place de l’année dernière sur l’édition 2022 de 130km
Tu avais quel modèle de la marque 3 Bay Paddle sous tes pieds ? Et comment s’est-elle comportée tout au long de la course ?
J’ai eu la chance d’avoir l’arme parfaite pour cette DI, une INEZIC en 14 par 22, équipée d’une dérive relevable. Elle a été parfaite du début à la fin, d’une stabilité redoutable même dans les rapides. Dès que le plan d’eau s’est calmé, j’ai savouré sa glisse avec cette impression de fendre l’eau sans effort et sans un bruit.
Quelle relation as-tu avec 3bay et quel est ton affect ou appréciation pour la marque bretonnant ?
J’ai rencontré Patrice Remoiville lors de ma première DI en 2019 et passion du sup aidant on a très vite sympathisé, il m’a été de précieux conseils lors de mes premières courses et m’a permis de mettre les pieds sur ses chefs d’oeuvre pour essayer de rivaliser avec les meilleurs.
Je suis honoré de représenter un fabricant Français et encore mieux local, comme on dit : “Support your local shop”. Le fait de pouvoir échanger directement avec le shaper permet de mieux apprivoiser sa planche, son shape, son comportement ou de fabriquer celle de ses rêves.
Raconte nous ta bataille sur l’eau avec tes poursuivants pendant 360 kilomètres?
Je ne sais pas si on peut vraiment parler de bataille, car dans ce genre d’événements, on est tous là pour l’exploit personnel que cela représente.
L’entraide et les encouragements sont de mise, autant entre les différents supports ou qu’au sein de la même catégorie (à ce titre je remercie tous les copains et copines des sports de pagaies qui y croyaient presque plus que moi (Hein Alex Agudo !? )…
On a démarré dès le vendredi matin 6 heures à ramer avec Clovis Leroux, histoire de se tenir compagnie et de rire aux chutes de l’un ou de l’autre. On avait Julien Le Naour, Mathieu Merlande et Stéphane Bentoumi devant nous mais on les à rejoints juste avant la digue de Carénac où j’ai eu le droit à une belle baignade (sans doute le karma d’avoir admiré celle de Clovis à Beaulieu ^^ ) et les ravitos des uns et des autres nous ont permis de prendre la tête des sup solo en compagnie de Stéphane.
La course a vraiment démarré au km 260 quand j’ai fait une échappée et abandonné mes camarades de route pour aller rattraper 2 surfski que je voyais au loin et, à partir de là, j’ai tout fait pour rester en tête de la course (comme prendre le mascaret de face, remonter 15 kilomètres à contre-courant où la vitesse oscille entre 2 et 6km/h, débarquer pour passer le bec et faire 29km de sprint pour finir en cherchant des yeux Julien, Clovis ou Stéphane.
A quel moment savais tu que tu avais course gagnée?
Je pensais avoir réussi à semer mes « poursuivants » (comme tu les appelles) en arrivant au bec d’Ambes, et me disait qu’ils ne seraient pas assez fou pour s’y lancer comme moi. Grave erreur, car quand je pensais pouvoir enfin souffler et savourer la dernière ligne droite (29km la dernière ligne droite quand même…) j’ai vu que Julien me talonnait. Je suis donc reparti sur la Garonne, au milieu du courant et du vent pour tout donner pendant les derniers kilomètres et espérer garder la tête de la course sur un plan d’eau comme j’adore: houle de travers et sidewind… bref comme à la maison quoi…
J’ai su que j’avais course gagnée quand j’ai aperçu le fanion Itiwit au loin et que je n’avais personne derrière moi. C’étaient les meilleurs coups de pagaie, submergé par l’émotion (ce qui m’a d’ailleurs valu une belle baignade à 20 mètres de la ligne d’arrivée !)
As-tu connu des moments difficiles et comment les as-tu surmontés?
J’ai connu plusieurs passages à vide pendant la course, le premier entre le km 80 et le km 100 où je m’endormais littéralement sur ma board (sensation assez désagréable il faut l’avouer) mais avec l’encouragement des Deus Ex Machina qui me rattrapaient et une petite demi-heure de draft salvatrice, j’ai réussi à « m’en sortir ».
Le second moment difficile a été l’arrivée au portage de Mauzac où je n’avais plus mes camarades de rame et où j’ai un peu trop forcé et suis donc arrivé au km17 après seulement 14h10, mais en ayant épuisé toute l’énergie disponible au point d’envoyer promener mes supers suiveurs et de décider de ne pas repartir après Bergerac le soir même. Mais quand j’ai vu Clovis repartir à l’eau, je suis passé de mon duvet bien au chaud à ma board, non sans avoir besoin d’aide pour tenir debout et m’habiller.
Comme défi futur, j’ai aussi plusieurs idées en tête. Si j’arrive à trouver un moyen de financer l’épreuve, je participerai au 11 City Tour Non Stop pour tenter de conserver ma place de numéro 1 Mondial sur l’Ultra Longue Distance (sur le ranking SUP World Ranking) et pourquoi pas une traversée de la manche, ce serait sympa non?!
Je profite de la tribune que tu m’offres pour remercier mes partenaires, 3 Bay Paddle, Surfpistol, La galerie du chanvre Quiberon, Paddle Contre Parkinson et tous les amis de la pagaie
Merci Morgan pour ton temps et à très vite pour de nouvelles aventures ULD.
Pour plus d’informations sur 3 Bay Paddle : 3bay.fr / Facebook / Instagram
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