Nicolas Fayol: “la course-rando en rivière et l’eau-vive sont sur une grosse dynamique”

Dès qu’il faut parler SUP de rivière, il est la première personne à laquelle on s’adresse. Ancien membre de l’équipe de France de kayak freestyle, Nicolas Fayol est à fond dans le stand up paddle depuis une dizaine d’années et est devenu le spécialiste incontournable des courses-rando en rivière et des épreuves en eau vive. Sous les couleurs de Fanatic SUP, son sponsor depuis plusieurs années, il est présent sur de nombreuses compétitions en métropole et à l’étranger tout au long de l’année, du SUP cross en eau vive à l’Ultra Longue Distance. A quelques jours du White Water Circus qu’il organise sur le stade d’eau vive de Pau, dont il est depuis peu le co-directeur, c’est le moment de faire le point avec lui sur l’état du SUP de rivière en France.

Bonjour Nicolas Fayol, petit rappel de fiche d’identité pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Salut Mathieu. J’ai 38 ans, une compagne, deux enfants de 8 et 3 ans, je fais du kayak depuis que j’ai 10 ans. J’ai été membre de l’équipe de France de kayak freestyle pendant 4 ans. Ca fait 10 ans que je fais du stand up paddle, et de la compétition, surtout en rivière. Et je fais pas mal de trips en France et à l’étranger, en famille ou avec les amis, autour de cette pratique. Je fais aussi beaucoup de SUP surf dans les Landes à 1h de la maison. J’habite à Pau.

Parle-nous de ton rôle co-directeur du parc Aquasports à Pau…

Je co-dirige le parc Aquasports avec ma collègue Josepha Longa. Pour faire simple, nous nous répartissons les tâches administratives et managériales de la structure. Ensuite elle gére la gestion de la partie sportive (centre d’entrainement et athlètes internationaux) et de mon côté, je suis en charge de la gestion grand public et évènementiel.

Le parc Aquasport de Pau est un stade d’eau vive artificiel, un bassin de Canoë-Kayak de stature internationale sur lequel on a déjà reçu les championnats du monde. Il s’agit d’une descente de rivière de 300m de long avec 2% de pente et un débit qui varie de 8 à 14 m3.
C’est aussi la base d’entraînement de l’équipe de France de slalom. La construction du bassin est liée aux succès sportifs des frères Tony et Patrice Estanguet de par le rayonnement qu’ils ont apporté à la ville. La construction du parc a commencé il y a 10 ans.

De manière générale, peux-tu nous dire où en est le SUP en eau vive en France et dans le Monde ?

Avant la COVID, il y avait à peu près 5 ou 6 événements en France avec un circuit, le SUP River Tour, plus ou moins suivi par une cinquantaine de personnes. C’était un tour qui s’appuyait sur le kayak freestyle et qui proposaient des dates ouvertes au Stand Up Paddle. Sur chaque course, j’organisais un sprint et un cross. Le sprint était un contre la montre de 1 à 3 km et le cross était un parcours de 200m avec des portes à passer et où les deux plus rapides passent au tour suivant.  Avec quelques événements phare comme L’Outdoor Mix, les Natural Games sur le bassin de Millau et le Whitewater Circus chez moi à Pau qui clôturaient la saison sur notre bassin.

Donc en France, avant la pandémie on était sur une grosse dynamique avec des gens qui ont commencé à vraiment se mettre dedans, sachant que c’est une discpline beaucoup plus technique que les courses de rivières. On est sur des rapides de classe 2 / 3.

Pour parler de ce sport dans sa globablité en Europe, on peut simplifier et dire qu’en gros il y a une dizaine d’athlètes spécialisés en France, une autre dizaine en Allemagne et une autre en République Tchèque. Pour ma part, j’ai participé à plusieurs courses en Allemagne et en Autriche avec à chaque fois une toute petite communauté.

Ensuite aux US, j’ai participé aux Go Pro Mountain Games, où là tu as du beau monde: Dan Gavere, Kai Lenny, Chuck Patterson, Dan Jackson, Slater Trout, etc… c’est un peu différent là-bas, avec pas mal de kayakistes qui font également du SUP régulièrement. Pour faire de l’eau vive, c’est quand même plus facile de venir du kayak et de se mettre au SUP.

On sent un engouement de plus en plus fort pour les courses-randos en rivière. Quel est ton point de vue là dessus ?

Je suis d’accord. J’ai fait ma première Dordogne Intégrale en 2018 et depuis j’ai fait la DI 350 de 2019. Je devais faire la Yukon 1000 cette année (ndlr: c’est à dire 1000 miles, soit 1609 kilomètres, le néerlandais Bart de Zwart en a le record en SUP en 8 jours et deux heures.) et comme elle a été annulée, j’ai fait la Loire 725 (ndlr: 725 kilomètres !).

L’engouement pour la course-rando vient du fait que ce n’est pas un objectif de chrono qui est la motivation principale, mais un objectif de finisher. Réussir à parcourir 130 kilomètres sur son paddle, c’est déjà un très bel exploit en soi. Finalement les courses-rando ou les courses d’Ultra Longue Distance permettent à chacun de trouver un objectif à son niveau. Un peu comme le marathon en course à pied. Même si tu mets 6 heures tout le monde trouvera cool que tu sois allé au bout. Tu as un vrai sentiment d’accomplissement. En plus les courses proposées sont hyper sympa et l’esprit y est vraiment très convivial, que ce soit la Tarn Water Race, la Dordogne Intégrale etc.

D’un point de vue personnel, je suis quand même plus focalisé sur le chrono que sur la beauté du paysage.

Justement, parle-nous de ta Loire 725.

La Loire  725 c’est un plan B monté par Alain Morvan en édition test, suite à l’annulation de la Yukon 1000 et qui deviendra en 2022 une course officielle. Je l’ai faite en binôme avec Samuel Vauthier et en complète autonomie. Benjamin Vaurs était avec nous sur les 3 premiers jours. Il y avait deux solutions possibles pour les participants, soit on le faisait avec une assistance soit on le faisait en autonomie, et c’était quand même plus simple logistiquement et pour nos familles de le faire en autonomie, par contre c’était bien plus difficile. Les 1ers SUP et les 1ers kayaks étaient suivis par un camping car avec la possibilité d’être ravitaillés régulièrement, de pouvoir dormir confortablement le soir, et une chose aussi simple que de pouvoir faire sécher ses affaires le soir ou avoir assez de rechange pour attaquer une journée au sec, ça fait une énorme différence. Samuel et moi n’avions rien de tout ça et on bivouacait tous les soirs sur le bord du fleuve avec pour seule contrainte d’être interdit de bivouac sur les ilots rencontrés sur la Loire en pleine nidification. Pour se nourrir on avait des Jet Boils et des sachets de nourriture iofilisée. Le résumé en chiffres pour nous c’est 100 heures de rame sur 7 jours, 725 kilomètres,  17 orages, et 40 kgs de matériel.

C’est vraiment une aventure géniale, hors du temps, on a donc démarré en trinome puis en binome et on l’a vécu un peu comme une parenthèse dans notre vie. Pendant une semaine tu es déconnecté de tout, boulot, téléphone, réseaux sociaux. C’est aussi beaucoup d’avantages de le faire avec tes potes, enfore faut-il bien se connaitre et bien s’entendre. Il faut quand même affronter 16 heures de rame par jour sans courant et on n’a pas forcément envie de faire les mêmes choses au même moment.

L’édition de la LOIRE 725 a été une aventure hors du commun. Une expérience unique, sans règle, sans chrono, sans orga. Et l’année prochaine ce sera l’année de l’édition officielle qui sera certainement beaucoup plus construite et réglementée. Il y a eu un engouement de dingue autour de la course, tout le monde nous a suivi au traceur GPS en ligne. On a vraiment senti que c’était le debut de quelques chose.

Pour la petit histoire, quand j’étais junior en kayak, Samuel c’était l’entraineur du comité régional. On s’est retrouvé il y a quelques années et on s’est dit qu’on allait faire des aventures ensemble.

Comment a évolué le matériel de SUP de rivière ?

D’abord il est primordial de faire la distinction entre l’eau vive et la randonnée en rivière.

Pour moi la définition d’une board de rivière en eau-vive, c’est essentiellement une board de 11 pieds entre 32 et 36 de large… même si j’aimerais bien en avoir une plus étroite, par exemple je pense que 28 pouces de large m’irait bien, mais je ne pense pas qu’il y a le marché pour.
S’il existe quelques marques qui ont des modèles spécialisés pour l’eau vive, il existe aussi des planches qui sont adaptées à toutes les conditions. Par exemple la Rapid Air Touring de Fanatic, tu peux tout faire avec, surfer un mascaret ou des vagues à Hendaye, descendre une rivière ou promener avec ton chien.

Pour la rando, ou la course-rando, je préconise les boards de 14 pieds, entre 26 et 30 de large, gonflabe ou rigide en fonction de la typologie du cours d’eau. Il n’y a pas vraiment de planches encore vraiement spécialisées mais plutôt beaucoup de “bidouilles” ou d’accessoires permettant de transformer son matériel en fonction des courses et des rivières. Par exemple, de plus en plus de monde monte des ailerons rétractables ou des ailerons souples. Mais j’ai aussi envie de te dire que si tu sais lire une rivière et que tu passes au bon endroit il n’y en a pas vraiment besoin. Du coup, plus que le matériel, ce qui est important c’est l’apprentissage. Quand on est kayakiste, on n’y pense même plus. C’est quelque chose qui est devenu inné.

Que se soit en eau-vive ou en randonnées avec des petits rapides, il faudra penser à la combinaison néoprène qui va protéger des chocs en plus de tenir chaud, un vrai gilet de flottaison aux normes européennes de flot et des chaussures de kayak de rivière, ou une bonne chaussure de trail, ainsi qu’un casque aux normes CE.

Qu’est-ce que Fanatic ta marque sponsor propose précisément sur ces segments ?

– SUP Race rigide

Pour ma part j’utilise une Fanatic strike 14/22’5. C’est sûrement un peu élitiste pour la plupart des pagailleurs mais je lui trouve une compétitivité à toute épreuve sur les challenges d’Ultra Longue Distance auxquels je participe. Pour les personnes cherchant un  confort de pagayage et de la stabilité, je conseillerais les boards de Touring en 12’6 x 28’5 avec des look d’enfer et une glisse optimale.

– SUP gonflable 14

La Falcon Air 14 x 26,5! Elle est de toute mes sorties longues. Je vais me contredire par rapport à ce que j’ai indiqué dans ma réponse ci-dessus, mais même en grosses conditions d’eau-vive, c’est un vrai 4×4. Elle existe également en 29 pouces de large, pour plus de stabilité.

L’eau-vive 

Il y a 2 boards qui conviennent, en fonction de son niveau: la Rapid Air en 9’6 x 34 pour la très grosse eau-vive a avec chute et autre slide  et la Rapid Air Touring 11 x 32 la board de course et des sorties un peu plus longues. S’il ne faut en retenir qu’une, je conseillerais la Touring  perso c’est celle que j’utilise 90% du temps.

Enfin parle nous de ton événement le White Water Circus

Le White Water Circus en est à sa troisième édition. Il s’agit d’un événement mis en place par le Pau Pyrénées Stand up Paddle club et le Parc Aquasports. L’élite française et européenne des disciplines extrêmes de l’eau vive y est attendue pour enflammer notre bassin d’eaux vives de classe mondiale à Pau !
Il y aura le championnat de France de Freestyle FFCK, une compétition de wake board en eau-vive et en SUP nous aurons le FANATIC EUROPEAN SUP MASTER avec 2 épreuves : un SUP sprint contre la montre d’un kilomètre empruntant le bassin et emmenant les participants jusqu’à la passerelle de Gelos et un sup cross ou les supeurs s’affronteront par poules de 4 sur un parcours défini. Les mouvements d’eau ajoutés au tracé sélectif du parcours et l’opposition des riders mettront le feu au spot. La finale du SUP cross sera nocturne. Il y aura un prize money de 200€ pour les vainqueurs open Femmes et Hommes (si + de 10 personnes dans la catégorie).
Et puis le dimanche on organise une descente collective du gave de Pau. Bien sûr de la musique et de la restauration. Show garanti et grosse ambiance tout le weekend.

Plus d’info / inscriptions :
White Water Circus – plus d’infos
White Water Circus – inscription

Plus d’infos sur Fanatic SUP
www.fanatic.com/fr/sup

Photo par Gauthier Boudat

A propos de l’auteur

Mathieu Astier

Mathieu est le fondateur hyperactif de TotalSUP mais aussi un vétéran du marketing et de la communication web avec plus de 20 ans d'expérience aux côtés des plus grandes start-ups internationales. Son coup de foudre pour le Stand Up Paddle en 2013 l'a amené à construire l'une des principales plateformes d'information en ligne dédiées au SUP, en anglais et en français pour une audience mondiale, et à tourner sa vie de famille résolument vers l'océan.

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