Olivia Piana Version 2014

LA CIOTAT, FRANCE — De retour d’Abu Dhabi où elle s’est placée 2ème au général malgré la chaleur étouffante des Emirats Arabes Unis, Olivia Piana fait un premier point avec TotalSUP sur son début de saison.

 

TotalSUP: Félicitations pour ton résultat à Abu Dhabi, peux tu nous parler de cette aventure ?

C’était la deuxième fois que je me rendais à Abu Dhabi, une étape qui compte pour la coupe du monde Stand Up World Series. Je suis d’abord arrivée à Dubaï pour le photo-shooting Fanatic. Je n’avais pas pu visiter la ville de Dubaï l’année dernière. S’y balader en SUP le temps de quelques photos a été un super moyen de découvrir cette ville hors du commun. Ensuite je suis allé rendre visite à mon cousin installé à Abu Dhabi. Je n’avais pas prévu de faire le compétition de surf. Je voulais me préserver pour la course car cette année ce n’était plus une exhibition, les meilleures mondiales étaient présentes! Et finalement… Je n’ai pas pu résister aux vagues! Un coup de téléphone aux amis surfeurs pour le logement, une voiture de location, 15€ d’essence et me voilà sur la route d’Al Ain, laissant la mer derrière moi pour aller surfer des vagues au beau milieu du désert…

 


Photo: Surf back-side dans la piscine à vague de Al Ain.                                         


​Photo : 5ème du SUWT d’Abu Dhabi.

C’était super sympa de se plonger dans l’ambiance du SUP surf. C’est plus détendu que la race. Ça m’a fait très plaisir de partager cette compétition avec les meilleures surfeuses du Tour. Ma 5ème place m’a même motivée à m’entrainer en SUP surf et à faire d’autres épreuves du Stand Up World Tour (ndlr: SUWTour, c’est le circuit SUP surf, SUWSeries c’est le circuit SUP race)

Retour à Abu Dhabi pour les courses. Je fais la connaissance de Lina Augaitis, une nana super sympa et rigolote. Je lui propose d’aller déposer sa planche sur le lieu de la course et de reconnaitre le plan d’eau ensemble. Il fait une chaleur étouffante. Les quelques accélérations nous coupent le soufflent. En rangeant le matériel, on entend un camion klaxoner à tue-tête. C’est Zane Schweitzer et la bande : “Les filles il y a une vague statique dans le Water Park juste à côté. Venez avec nous !”. J’arrive à convaincre Lina et nous voilà accueillies au Water Park d’Abu Dhabi par le champion du monde de vague statique artificielle, Clayton Barker! C’est un peu la caverne d’Alibaba ce park. Arrivées sur le “spot”, nous restons bouches-bées face au barrel qui ne s’arrête jamais ! Je vous laisse imaginer la suite. Deux heures de tentatives, de cascades, de rires, quelques secondes de glisse, et recommencer sans cesse…comme des gamins !

 


Photo : la vague statique d’Abu Dhabi : une expérience unique !

Le lendemain c’est le jour de la longue distance. Il fait très très chaud : 40 degrés. L’organisation annonce qu’ils décalent le départ en fin d’après-midi, ouf! Les filles partent à 16 heures. Le parcours consiste à répéter six fois une boucle d’un kilomètre cinq cents environ. C’est sans aucun doute la course la plus “chaude” que je n’ai jamais faite de ma vie. En course je n’ai pas regretté d’avoir gonflé mon kamel back à bloc et d’avoir bu deux litres d’eau avant de partir. Ma partenaire Fanatic, Angie Jackson, abandonne sous le poids de la chaleur. Comme Angie, d’autres riders ne termineront pas la course. Je termine à la quatrième place, soulagée que cet enfer en finisse. (​Photo : Manuel Baret)

Une bonne nuit de sommeil et c’est reparti pour l’épreuve finale : les sprints. C’est ce que je préfère le plus. Je tombe dans une série facile et gère mon énergie en assurant sur les qualifications. La finale part comme un coup de tonnerre. Malheureusement je ne démarre pas assez vite et passe la première bouée à la quatrième place. Ce sera mon classement final. Avant je partais en tête et me faisait dépasser à la fin. Maintenant c’est l’inverse. Au moins je sais ce qu’il faut bosser : partir fort, maintenir fort, finir fort ! Je termine à la troisième place overall (combiné) en race, et 2ème de l’overall surf-course. Je suis très contente de mes résultats. C’était un beau voyage et une superbe expérience sportive et humaine.


Photo : 3ème Overall Race. Photo : C.Angibaud


Photo : 2nde Overall Surf-Race. Photo : Margaux Levavasseur – Photo : Vincent Veronis

Quelles sont les courses sur lesquelles tu t’alignes cette année et pourquoi ?

2014 c’est l’année de mon examen final d’acupuncture. Donc plus de travail des cours et moins de voyages. Cette année mes choix de compétitions sont d’abord pratiques. Mes sponsors m’expriment leurs intérêts qu’ils ont pour tel ou tel évènement, mais je reste relativement libre de faire mes propres choix de courses. D’habitude je choisis mes courses en fonction de l’organisation, de la qualité des parcours et des prize money aussi.

Je participerai à la SUP race cup de Sainte Maxime les 24 et 25 mai prochains à condition qu’il n’y ait pas de vent comme l’année dernière. Ce n’est du tout mon kiff de ramer contre les éléments. J’ai choisi le SUP car c’est un support qui permet d’être le plus souvent possible sur l’eau et qui s’adapte à toutes les conditions météo. Je n’ai pas choisi le SUP pour ramer comme une bourrine parce que je n’ai rien trouvé d’autre à faire. Quand il y a du vent c’est downwind (descente avec le vent et les vagues) ou alors windsurf.


Photo : SUP Race Cup 2013 à Sainte Maxime. Un parcours avec 30 noeuds de vent de côté.


​Photo : Downwind entre La Ciotat et Six-fours, le run préféré d’Olivia.

En juin, je participerai à quelques courses locales en Méditerranée comme la course des Lecques et de Roquebrune (idem si il n’y a pas de vent). Puis à la coupe du monde Stand Up World Serie de Fehmarn en Allemagne en Juillet. Et je terminerai ma saison en Californie pour la Battle of the Paddle et à Hawaii pour la finale des Stand Up World Series en downwind et dans les vagues. grin)


Photo : SUWS Turtle Bay 2013 (Hawaii, Oahu) : Victoire du Sprint avec de bons surfs à la clef !

Quels sont les athlètes du circuit que tu admires ?

J’aime les athlètes simples. Les riders passionnés qui ne se la racontent pas et qui envoient du lourd ! J’admire le changement de polarité copine/guerrière d’Angela Jackson, la force tranquille de Lina Augaitis, l’engagement d’Iballa Moreno, l’insouciance d’Izzy Gomez, la technique et le mental de Kai Lenny.


Championnat du monde ISA 2013 : Bataille sur l’eau, hugs à terre avec Angela Jackson Team Fanatic.

Comment t’es tu mise au SUP ? 

Avant je faisais principalement du windsurf, des courses de slalom et de la vague. Le SUP est venu naturellement combler les jours sans vent. J’ai rapidement découvert le potentiel de ce sport aux multiples facettes. Avec le SUP on est tous les jours sur l’eau, peu importe les conditions météo. J’enchainais les ballades, les sessions surf et les downwinds… Tout en naviguant en windsurf quand les conditions étaient bonnes. C’est en SUP que j’ai surfé mes premières vagues sans voile. J’ai adoré! Mon super pote Fred Bonnef m’a motivé à me lancer dans des vagues de plus en plus grosses : “Chargeeezzz!!!”. Puis j’ai participé à ma première vraie compétition de race à Lyon en Septembre 2011 que j’ai gagné. C’est en découvrant un univers au nouveau visage que j’ai eu envie de m’investir dans le SUP Race. L’ambiance de l’évènement était un mix entre celles des sport de glisse et d’endurance que je connaissais avec le windsurf et le triathlon. Fanatic m’a soutenu dès le début. Je n’aurai jamais pu imaginer tout ce que j’allais vivre suite à cette opportunité!


Photo : Lanzarote hiver 2011, avant un joli wipe-out en compagnie de Fred Bonnef.

Tu animes régulièrement des SUP clinic, peux-tu nous en dire plus sur cette activité?

Les objectifs des stages SUPdays sont de promouvoir le sport du Stand Up Paddle et de dynamiser les clubs de SUP. Ceci à travers des connaissances techniques et une image positive. J’ai créer le concept SUPdays car j’avais envie de donner aux autres. Je trouve que c’est important de s’initier à un sport avec de bonnes bases. Le SUP est un sport accessible mais au début ce n’est pas aussi évident que le pédalo ! J’ai alors rassemblé mes connaissances de techniques de rame et de virages et je me suis lancée. Mon amie Joanna Derbier, professeur d’EPS m’a rejoint dans l’aventure et m’a beaucoup aidé en pédagogie. Aujourd’hui nous avons de plus en plus de monde et des élèves qui en redemandent. Pour le moment nous n’avons eu aucun retours négatifs. Nous cherchons à améliorer sans cesse notre prestation. Mes sponsors Fanatic, Select et Waxx nous sont d’une grande d’aide en terme de logistique.


Photo : SUPdays donne la pêche aux clubs de SUP.

L’amélioration de la technique de rame et de virage sont les points clefs des stages. On intègre les bases principales du SUP pour encore plus se faire plaisir sur l’eau et éviter les blessures dues à une mauvaise gestuelle de rame. Nous utilisons l’outil vidéo, pour éclaircir les zones d’ombres et s’améliorer encore. D’autre part, un atelier de découverte des exercices physiques spécifiques au SUP est intégré dans le stage, afin d’améliorer son équilibre et tonifier son corps. Cet atelier est encadré par Joanna, coach SUPdays. Ce sont des exercices ludiques, que chacun réalise à son rythme. Ces exercices réalisés sur la plage permettent de décomposer le geste de rame et de l’améliorer à l’aide de matériel de fitness : élastiques, TRX, medecine ball, ect…


Reproduction du geste de rame à terre avec élastique.

 


Photo : Joanna, la coach SUPdays, fait les démos sur le Swiss ball. 

Photo : l’analyse vidéo est un point clef des stages. Elle permet de prendre du recul pour encore mieux s’améliorer.

Les stages sont ouverts à tous les niveaux. Vous êtes tous les bienvenus chez SUPdays ! Les stages SUPdays 2014 se déroulent dans les clubs de SUP du Lavandou jusqu’à Montpellier, d’Avril à Octobre. Plus d’infos sur www.oliviapiana.com

Quel est ton meilleur souvenir / trip de SUP ? 

​Mon meilleur souvenir c’est ma victoire des Sprints de la finale des Stand Up World Series à Hawaii en Octobre dernier. Il y avait deux mètres de vague qui cassaient sur le reef. Je me suis dépassée techniquement et physiquement et j’ai en même temps pris beaucoup de plaisir à surfer. Au delà de cette victoire il y a eu toutes les galères et les bons moments de ce trip. La planche qui ne rentre pas dans le bus pour aller à l’aéroport, la planche qui s’envole du pick-up du gentil messieurs qui a bien voulu nous emmener à l’aéroport “non c’est pas la peine d’attacher la planche, il y a 5 minutes de route” a-t-il dit! Les longues négociations au check-in, les sangles qui chantent sur le toit de la voiture de location… Et les sessions de surf mémorables, les visites d’endroits magnifiques… Puis le copain qui nous plante pour le logement, chercher une chambre à moins de 150$ la nuit sur le North Shore, dormir trois nuits dans la voiture, frapper à la porte des locaux, se doucher avec les clochards, et enfin négocier une chambre à 67$ la nuit! L’important n’est pas toujours la destination mais le voyage qui y mène !


Photo : SUWS Turtle Bay 2013, course sprint : tout se joue au surf. Ne rien lâcher et toujours y croire !

​Merci à TotalSUP.com pour cette interview et bravo pour cette initiative de site multi-lingue autour du SUP. Merci à mes sponsors Fanatic, Select, Waxx, Play2run, Ion, Cocada, Sweet et à toutes les personnes qui me soutiennent.

A bientôt sur l’eau, Olivia.

Retrouvez moi sur / Follow me on :
Facebook : Olivia Piana (Athlète)
Web : www.oliviapiana.com

Language Preference

You are currently viewing all language content

Show All French Only English Only