Thomas Buton : du football américain à la WOO Family

Aujourd’hui, on trouve des membres de la WOO family aux quatre coins du monde ! Nous avons pu échanger avec le toulonnais Thomas Buton. Le champion de France nous dévoile comment il s’est converti du terrain de football américain à l’océan, mais surtout à l’OC1.

Crédit photos : WOO Outrigger

Bonjour Thomas, peux-tu te présenter à la communauté TotalSUP ?

Bonjour, je m’appelle Thomas Buton j’ai la chance d’avoir grandi et de vivre au bord de l’eau dans le sud de la France à la Seyne-sur-Mer, juste à côté de Toulon. Je suis actuellement gérant de société. Je pratique la pirogue depuis une dizaine d’années et le SUP depuis moins de 2 ans. J’ai même l’intention de participer à quelques compétitions de SUP la saison prochaine, pour tout avouer c’était en projet pour 2020 mais on peut dire que cette année fut un rendez-vous manqué pour tout le monde ! Avant cela, j’ai joué pendant plus de 10 ans au football américain. Passion que je transmets aujourd’hui en entraînant l’équipe de Toulon. Je dois avoir une attirance particulière pour les sports marginaux.

Comment es-tu passé du football américain à l’OC1 ?

En 2010, à la fin de ma « carrière » dans le football américain, je cherchais un sport de substitution. A 100 mètres de chez moi, se trouve un club de canoë – kayak et pirogue, le Club Nautique de la Méduse. Ayant plusieurs amis membres de cette association, c’est assez naturellement que j’ai fait l’essai. Au départ, c’était une pratique totalement loisir, proposée durant l’été dans le sud de la France, mais assez vite, on réalise qu’il existe des compétitions, qu’en progressant les meilleurs arrivent à surfer et l’émulation de groupe a fait le reste ! Nous sommes devenus accros et on continue à s’entraîner de nuit en hiver dans le froid pour préparer la prochaine saison.

On ne va pas se mentir, les débuts ont malgré tout, étaient assez laborieux. J’ai vite compris que pour progresser, il fallait passer un maximum de temps sur l’eau. Malheureusement, à cette époque, l’entraînement et les créneaux en équipage n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui dans les clubs. Il a donc fallu passer à l’individuel et investir, mais cela a été une véritable révélation avec la découverte de la glisse et une bonne progression. Les premières années étaient quand même dans une optique de pratique loisirs et les entraînements ne sont pas aussi poussés qu’aujourd’hui. A titre d’exemple à mes débuts une course en individuel se gagnait à 10 km/H de moyenne aujourd’hui il faut être à plus de 11…

Mon déclic a réellement eu lieu en 2015, quand dans la lignée des clubs dominants la discipline à l’époque (Vaa Hui, CKCK et Toulon Vaa) nous avons commencé à réellement nous entraîner avec l’objectif de gagner le Vendée Vaa et d’aller à Tahiti participer à l’Hawaiki Nui avec le Club Nautique de la Méduse. A la fin de la saison 2017, après une deuxième participation à l’Hawaiki Nui à Tahiti avec cette fois le club de Toulon j’ai eu envie de m’orienter vers l’OC 1 (ndlr : pratique individuelle de la pirogue). Je n’avais jamais été un gros performeur mais je trouvais intéressant de développer cette pratique, d’autant plus que nous étions un petit groupe vivant sur la Seyne et pratiquant l’équipage avec le club de Marseille ce qui nous a permis de mettre vraiment l’accent sur la préparation en monoplace. Cela s’est avéré payant puisque je remporte le titre de champion de France OC1 en 2018 et 2019 ainsi que plusieurs courses françaises importantes telles que l’Orofero, l’Extrême de Cordouan, le Te Aito et le Corsica Paddle Trophy. Mon partenaire d’entraînement Matthias Nostriano gagne lui en V1 en 2019.

Avec le temps, ma pratique s’oriente de plus en plus vers la glisse et la recherche de surf. L’évolution du matériel va également dans ce sens, grâce notamment à des acteurs comme WOO. Dans le Var, nous avons la chance d’avoir régulièrement du beau temps et du vent qui rendent les conditions d’entraînement sont souvent optimales. La pratique de la pirogue est également un bon moyen de voyager, cela m’a permis de faire 3 Hawaiki nui, un downwind camp en Guadeloupe, un à Tenerife et en 2020 je devais aller faire les Gorges Downwind champs aux USA.

Participer à l’Hawaiki Nui… reste le Graal de tous rameurs de pirogue. En équipage il n’y a pas mieux… on se retrouve propulsé dans le berceau de notre sport et on réalise que l’on est rien à côté des rameurs tahitiens une vraie leçon d’humilité !

Et tu as vite intégré la WOO family …

Mon histoire avec WOO est comme pour beaucoup de gens, je pense, l’histoire d’une rencontre… celle de son emblématique fondateur Guy Ringrave. On l’aimait ou on le détestait, mais il ne laissait personne indifférent. Pour moi, c’était mon « papa » de la pirogue, il avait cette stature et ce charisme qui faisait de lui une vraie figure paternelle, j’ai eu la chance d’en être proche et son absence laisse aujourd’hui encore un vide dans le petit monde de la pirogue en France.

Je suis très heureux de voir Fanny, sa fille, prendre la relève avec l’aide de Charlotte sa sœur et de toute la WOO family avec brio. Elle se bat pour que WOO continue à vivre, quand on a vingtaine et qu’on se retrouve dans cette situation, elle aurait pu poursuivre sa route et personne ne lui en aurait voulu. WOO reste à ce jour le seul fabricant français et quand on connait la complexité du monde de l’entreprise, qui plus est industriel, en France on ne peut que leur tirer notre chapeau. On a la chance d’avoir, en France des gens qui se donnent du mal et qui innovent comme WOO avec la Féline et le nouveau modèle d’OC1 à venir et cela ne peut que forcer le respect.

En parlant de la gamme WOO, sur quel modèle rames-tu ?

Je rame depuis 2014 sur une Pueo de WOO, c’est un modèle construit sous licence qui a été designé à Hawaii par John Puakea et qui malgré plus de 10 ans d’existence reste très performante et qui est devenu la base de beaucoup de shapes.

On est sur un bateau hyper confortable et polyvalent. On voit ces dernières années apparaître une tendance de bateaux plus courts et moins volumineux. J’attends donc de voir ce que nous prépare WOO avec son nouveau modèle.  Il est vrai que la Pueo a été conçue à Hawaï pour leurs longues houles qui sont tout de même assez rares par chez nous, surtout en Méditerranée.

Qu’est-ce qui te plait dans l’encadrement des “WOO Downwind camp” ?

WOO organise depuis maintenant quelques années des downwind camp sur une semaine en Guadeloupe en janvier et sur 3 jours à Toulon en septembre. On a aussi la possibilité d’organiser des stages un peu plus poussés pour les compétiteurs qui souhaiteraient vraiment progresser sur certains aspects techniques. Cette formule plus courte et plus abordable est un bon moyen pour pratiquants les plus hésitants de voir si cela leur plaît avant de faire le grand saut pour des camps à l’étranger.

La première édition du downwind camp de Toulon s’est déroulée en septembre dernier, cela a été pour moi une superbe expérience. Nous avons tous pu loger chez moi, ce qui nous a permis d’avoir un accès direct à la mer à pied pour les départs et arrivées des downwind. Grâce à cette vie en communauté, nous avons vraiment vécu 3 jours d’échanges et de partages.

Pouvoir partager, transmettre reste primordial pour moi, nous pratiquons un sport marginal, mais qui est vite adopté par ceux qui sont accompagnés pour se lancer. Il faut échanger et donner envie aux gens en leur donnant accès à la pratique et en les aidant à progresser, le downwind s’y prête vraiment. D’autant plus que je m’éclate à encadrer ces week-ends avec Luc Cividino. D’un point de vue personnel, transmettre me permet de progresser car je dois verbaliser, justifier, expliquer les choix techniques ou tactiques. C’est une expérience hyper enrichissante et d’autres camps sont déjà au programme pour 2021.

Comment s’est passé ta dernière course, le Corsica Paddle Trophy ?

En un mot le Corsica Paddle Trophy c’est : ÉNORME !

3 jours de courses 4 étapes, des athlètes de toutes les disciplines de rame (SUP, prone, pirogue, surfski), une ambiance hyper conviviale.  Cet évènement à tout pour devenir incontournable dans le futur. J’avais participé à la GlaGla Race et à l’Extrême de Cordouan cette année, je reste convaincu que les évènements multi-support sont vraiment l’avenir, car ils permettent de rassembler plus de personnes et créent une ouverture d’esprit hyper sympa.

Pouvoir sur une course partager le plan d’eau avec les meilleurs mondiaux en SUP est génial, en plus nous avons l’avantage de la vitesse en pirogue et doubler des Titouan Puyo, Noïc Garioud et consort ne m’arrivera pas à d’autres occasions. En plus de cela les athlètes SUP jouent le jeu de l’échange et on a pu voir par exemple Noïc Garioud s’aligner quelques heures avant sa course de l’Euro Tour sur la dernière étape en pirogue.  Cette épreuve lui a servi d’échauffement puisqu’il gagne l’après-midi même la course de SUP.

Au niveau rame la Corse offre un terrain de jeu infini, les grandes baies sont propices au DW, les paysages sont magnifiques et variés. Les calanques de Piana sont par exemple à couper le souffle vu de l’eau et les plages du sud n’ont rien à envier aux plus belles destinations paradisiaques…

Comment est rythmé un calendrier de compétitions quand on est pratiquant de pirogue ?

Sur une année normale, les premières courses sélectives pour les championnats de France ont lieu en mars – avril, le début d’année est surtout marqué par la préparation du Vendée Vaa qui se déroule au mois de mai et qui est à l’heure actuelle LA course de pirogue en équipage de référence. C’est la plus importante en Europe car elle permet de gagner des billets d’avion pour aller faire l’Hawaiki Nui. Au mois de juin, se déroule l’Orofero, plus longue course en individuel sur 32 kilomètres. En juillet, en équipage la Porquerollaise autour des îles d’Or à Hyères. Généralement, les championnats de France se déroulent quant à eux le dernier week-end d’aout. En septembre, il y a le Te Aito Farani qui se déroule à Toulon, une course individuelle en 2 étapes qui prend de plus en plus d’ampleur. Enfin, depuis l’an dernier le Corsica Paddle Trophy vient clôturer la saison. On voit de plus en plus de course d’ouvrir à d’autre supports, des dates viennent donc s’ajouter comme la GlaGla Race, l’extrême de Cordouan etc..

Peux-tu nous partager tes spots pour pratiquer la pirogue dans le sud-est  ?

Je pratique principalement dans la baie des Sablettes à la Seyne-sur-Mer, nous avons la chance d’avoir une baie assez encaissée où l’on peut ramer qu’elles que soient les conditions, avec toujours une remontée à l’abri et une descente en DW.

Au niveau DW mon run de prédilection est le « Sablettes-Almanarre » un run de 20 km dans l’axe du mistral ou du vent d’est avec la chance de pouvoir faire une arrivée ou un départ directement de la maison ce qui simplifie beaucoup la logistique. Il y a aussi le Six-fours – les Sablettes très intéressant de par son côté technique dû à des grandes falaises qui constituent la côte et qui créaient énormément de backwash. N’hésitez pas à me contacter via les réseaux sociaux si vous souhaitez venir passer quelque jours.

 

Merci Thomas !!

Pour plus d’information sur WOO OUTRIGGER, rendez-vous sur :
Web : https://www.woo-outrigger.com
Facebook : https://www.facebook.com/WooOutrigger
Instagram : https://www.instagram.com/woo_outrigger/

A propos de l’auteur

Marie Esnaola

Originaire du Pays Basque, Marie se tourne naturellement vers le sauvetage côtier, les courses de prone et le SUP après des années de natation. Passionnée de sport, elle organise des évènements sportifs et BtoB et accompagne les entreprises en webmarketing.

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