Philippe Momparler et la vie après Irma : Le calme après la tempête

Jusqu’au jour fatidique où l’ouragan Irma est venu tout lui arracher, Philippe Momparler gérait O Lagon, un service de location d’équipements de SUP et de sports aquatiques en tout genre sur l’île de Saint-Martin. Pour TotalSUP, Philippe revient sur cette expérience et nous présente ses nouveaux projets. Désormais rentré en France, il affirme l’importance d’avancer dans la vie et de ne pas regarder en arrière en lançant son Supathlon dans l’hexagone, même s’il est parfois difficile d’échapper à la nostalgie en parlant de la vie qu’il a laissé aux Antilles avant la tempête.

Philippe Momparler at the inauguration of his O Lagon paddle and paddle equipment rental service in Saint-Martin

Avant le passage de l’ouragan Irma, tu gérais O Lagon, un service de location d’équipements de SUP à Saint-Martin. Quel a été ton sentiment après la catastrophe ?

Oui, en effet ! Nous avons démarré l’aventure O Lagon en Guadeloupe où la population insulaire et touristique nous a très bien accueilli. Nous y avons créé de nombreuses activités liées au paddle, avec des downwinds de folie, des balades personnalisées sur les meilleurs spots de l’île et avec, bien sûr, de nombreux événements.

Nous avons été parmi les premiers à lancer les cours intensifs de SUP yoga et de SUP fitness et nous en sommes fiers. Ensuite, nous avons effectivement migré sur Saint-Martin où la vie nous paraissait plus belle.

Irma nous a tout pris mais la vie continue.

Un sentiment d’inachevé est présent dans nos têtes et malgré le traumatisme pour ma famille, nous faisons face à une reconstruction en France où nous devons réapprendre les codes. Je n’aime pas regarder en arrière dans la vie et il faut avancer quoi qu’il arrive.

Pour répondre sincèrement à votre question, mon sentiment au lendemain d’Irma est très difficile à décrire. C’est un yoyo émotionnel indescriptible. On voit la vie différemment après cela.

The damage caused by Hurricane Irma in Saint-Martin

Qu’est-ce que tu as perdu comme matériel ?

Tellement de choses ! Une vingtaine de paddle (race/gonflable/rigide polyvalent), ainsi que 4 canoës 2-places, énormément de pagaies, un camion et un container complet de matériel nautique. Nous exploitions de plus un speed boat, ainsi que 2 catamarans, qui sont aujourd’hui au fond de l’eau.

The immense destruction caused by Hurricane Irma in Saint-Martin

Quand est-ce que tu t’es installé à Saint-Martin ? Qu’est-ce qui t’a attiré ?

Nous sommes arrivés à Saint-Martin en juin 2016. L’île est beaucoup plus tournée vers le tourisme et il y a un art de vivre particulier à Saint-Martin. Les plages sont magnifiques et les opportunités professionnelles quand on travaille dans le tourisme sont importantes.

Cette île est multiculturelle et cela nous a appris à nous remettre en question face à une clientèle qui n’attend pas les mêmes choses qu’en Guadeloupe.

Looking out onto the crystal clear waters of Saint-Martin

Vos amis sur place à Saint-Martin, comment ont-ils vécu l’expérience de l’ouragan ?

Il y a l’ouragan et l’après-ouragan. L’ouragan nous a montré que nous n’étions rien sur terre et la pression basse, le confinement, le bourdonnement permanent est indescriptible tellement c’est impressionnant.

L’après-ouragan est le pire et je ne souhaite pas trop en parler. Mes ami(e)s restés sur place vivent dans des conditions indécentes. Même si la vie reprend peu à peu, la lenteur administrative et les remboursements d’assurances qui n’arrivent pas, c’est vraiment la galère.

La “friendly island” a pris un gros coup sur la tête.

Colossal damage caused to private property in Saint-Matin in the aftermath of Hurricane Irma

Quand est-ce que tu as pris la décision de rentrer en métropole ? Comment s’est passé ton retour ?

La décision de rentrer en métropole était prise dès le lendemain de l’ouragan car nous avons absolument tout perdu et il nous fallait mettre nos enfants en sécurité. Cela n’a pu se faire que 10 jours après l’ouragan dans ce que j’appelle mon parcours du combattant.

Il y a tant de choses à dire sur cette gestion de catastrophe naturelle. Nous étions coupés du monde sans infos, sans sécurité à vivre tel une émission de télé-réalité mode Survivor. La Guadeloupe a été formidable dans la gestion de l’après-ouragan et sans eux, cela aurait été bien plus compliqué.

Nous sommes rentrés à Biscarrosse chez notre famille. Nous venons enfin d’y trouver une maison en location et nous redevenons indépendants. Ma femme a repris ses activités à la mairie et moi j’ai pris un poste de directeur d’agence d’une société d’alarmes et de vidéo protection à Bordeaux.

Le retour en France n’est pas simple car, outre le fait d’avoir tout perdu, nous sommes en décalage complet avec les gens qui nous entourent. Nous n’avons pas les mêmes priorités et le plus choquant pour moi est de voir qu’ici en France rien ne change. Toujours les mêmes têtes au même bistrot tous les matins, aucun objectif particulier, un climat maussade et j’en passe.

Nous ne nous sentons plus forcément chez nous en France, mais la vie est faite ainsi. Nous repartons à 0 pour mieux rebondir dans quelques temps.

Philippe Momparler assists a new paddler at the inauguration of his O Lagon paddling and watersports equipment service in Saint-Martin

Maintenant que tu es rentré en métropole, qu’est-ce qui te manque le plus de Saint-Martin et des Antilles ?

Tout ! L’art de vivre, le soleil, mes ami(e)s, mes spots, mes tortues, raies et dauphins. Vraiment tout !

Philippe Momparler's wife and business partner aboard her stand up paddleboard in Saint-Martin

Tu as un nouveau projet en France, le Supathlon. Peux-tu nous en parler un peu ? C’est en cours de développement ?

Oui, nous avions créé le Supathlon en Guadeloupe et Martinique, un triathlon dérivé alliant natation, course à pied et paddle.

Ces épreuves ont connus un vif succès et nous souhaitons l’ouvrir à la pirogue, mais aussi au surf ski. Je sais que Guy Ringrave va lire ce petit article alors je lance un appel aux fabricants de matériel en tout genre (combinaisons, lycras, pagaies, paddles, pirogues et alimentations) pour sportifs pour soutenir mon projet d’event en France (aux beaux jours bien sûr !) afin de développer cette discipline qui, je l’espère, deviendra une discipline à part entière dans les années à venir.

J’ai déjà pas mal de contact avec des clubs dans le sud-ouest et j’aimerais pouvoir faire un mini-championnat d’avril à octobre sur les plus beaux spots de France.

Vous possédez une base nautique ou créez des évènements réguliers ? Je suis ouvert à toute proposition de partenariat et n’hésitez pas à passer par TotalSUP pour me contacter. Le succès ne pourra passer que par les compétences de tous !

Crédits photos : Philippe Momparler

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