SUP race et Nouvelle-Calédonie : comment les Cagous sont devenus les maîtres du downwind

Chez les Cagous, le sport est dans l’ADN. Originaires d’un archipel qui a tout pour faire de lui le cadre idéal pour la pratique du SUP, Titouan Puyo, suivi désormais de près par Clément Colmas et Noic Garioud, a pu peaufiner sa technique dans l’un des beaux plus cadres du monde réputés pour cette discipline. Pour nous expliquer un peu plus le succès des SUP riders calédoniens au niveau international, les 3 riders se sont entretenus avec TotalSUP pour jauger l’ampleur de ce phénomène et ont également pris l’occasion de revenir sur leurs récents exploits, notamment au Columbia Gorge Paddle Challenge à Hood River, Oregon, ou encore au championnat du monde ISA actuellement en cours au Danemark, où Titouan concourra demain dans la finale de la technical race.

Salut les Cagous, vous finissez 3ème, 4ème et 6ème du double downwind au dernier Columbia Gorge Paddle Challenge. Comment expliquez-vous l’explosion des Calédoniens en SUP sur la scène internationale ?

Noic Garioud :

Effectivement, il y a une montée en puissance des riders calédoniens surtout dans la discipline du Downwind. Cela s’explique par la grande qualité des DW dans notre lagon. Quand les conditions sont là (en été), nous en faisons 4 en moyenne par semaine.

Clément Colmas :

Les conditions sont parfaites : température de l’eau et de l’air idéale, Nouméa est une presqu’île avec des plages et des baies toujours bien orientées, le sport est dans la culture locale et les mêmes résultats internationaux se retrouvent chez les jeunes dans toutes les pratiques de glisse. Le fait d’avoir des conditions d’entraînements optimales en plus de nos efforts joue pour beaucoup dans cette explosion.

Titouan Puyo:

Cette course correspond au programme d’entraînement des jeunes, c’est à dire beaucoup de downwinds. De plus une structure d’entraînement a été créée cette année avec la ligue.

Un centre territorial d’entraînement CTE, les jeunes ont un emploi du temps scolaire aménagé, des séances élaborées par Vincent Guillaume et animées sur place par Benoît Riviere. C’est le début mais ça a l’air de fonctionner !!

Clément et Noic, quel a été votre parcours en Stand-Up Paddle pour en arriver là ?

Clément :

J’ai commencé le SUP il y a 5 ans en balade en tandem avec mon père, puis le surf et le downwind depuis 3 ans. Je rame 5/6 fois par semaine et je commence à me donner des objectifs pour mieux m’entraîner.

Dès mes 1ers championnats de France je suis 1er moins de 15 ans en 2015/2016, 1er moins de 18 ans et 3e open en 2017.

J’ai aussi terminé 2eme lors de la King of the Cut en Australie. La ligue de surf a mis en place des entraînements 3 fois par semaine avec Benoît Rivière comme entraîneur en plus des sorties avec mon père ou avec le team du magasin Arnaud Bouyer, Alex Ruiz , David Anewy et Benoit Rivière.

Noic :

Je suis né le 16 avril 2002 et,  petite anecdote avant de continuer, j‘ai pratiqué le short board des l’âge de 4 ans en surfant les vagues de Calédonie, puis les vagues d’Australie et cela m’a probablement permis d’avoir une bonne lecture de vagues dans les DW.

J’ai commencé le SUP il y a seulement 3 ans, après que mon père ait abandonné le short board après 30 ans de pratique. Il a fallu que je me résigne au Stand-Up Paddle et, franchement ,ça m’a tout de suite plu.

C’est à ce moment là que l’aventure a commencé. Mes toutes premières compétitions étaient en catégorie espoir où j’ai remporté de nombreux prix.

Suite à cela il y a eu les championnats de France moins de 15 ans en Downwind à Crozon et la beach race à Hossegor. J’ai remporté les deux titres de champion de France et ai fini 4ème moins de 18 ans et 13ème en open.

Pour ce qui est de l’étranger, ma première compétition a été la King of the Cut (à Perth 4 décembre 2016). Sur cette course, j’ai fini premier en open et 15e au scratch. Ensuite le 26 février 2017 je suis allé à la Twelve Towers (Australie) où j’ai fini 5ème classement pro devant de nombreux riders de très haut niveau.

À ce jour, je viens de finir 6ème overall à Hood River lors de la Columbia Gorge Paddle Challenge confirmant ainsi mon ascension.

Clément et Noic, vos pères sont très impliqués dans le SUP en Nouvelle-Calédonie, comment vous aident-ils dans votre évolution ?

Clément :

Effectivement mon père (NDLR: Jean-Lou Colmas) a démarré le SUP en Nouvelle-Calédonie il y a 6 ans, il avait acheté un grand camion pour emmener les gens en DW et cela a créé un grand engouement pour cette pratique.

Il donnait des cours et organisait des randonnées avec Titouan comme moniteur. Il continue toujours dans le SUP avec son magasin Planetreef.

Il m’aide beaucoup au niveau du matos, avec le développement des rames et planches custom qu’il partage avec Starboard. Malgré ses 64 ans on s’entraîne ensemble et on en tire des conclusions après chaque entraînement sur le matos. La Ace qui est ma planche préférée a été en grande partie améliorée par mon père qui sert de conseiller pour les shapes et les techniques de sandwich pour Starboard.

Toutes les marques ont maintenant une copie de la Ace dans leur catalogue alors qu’il y a à peine 2 ans personne n’en voulait. Nous avons beaucoup avancé au niveau des surfaces et du flex des pales et des manches. Mon père qui était champion de windsurf est maintenant à fond dans le Windsurf foil et Sup foil.

Noic :

Mon père (NDLR Olivier Garioud) est très impliqué dans le monde du SUP en Nouvelle-Calédonie. Outre le fait qu’il vende des planches de SUP de différentes marques. Il participe aux différentes compétitions locales et internationales lors de nos déplacements.

Papa organise tout le planning, la gestion du matos ainsi que le contact relationnel avec mes sponsors (mon anglais laisse encore à désirer). Pour info, il a fini 2eme open et 1er vétéran à la Hood River cette année.

Titouan, quel rôle joues-tu auprès des jeunes riders Calédoniens et plus particulièrement auprès de Clément et Noic ?

Titouan :

J’ai été sollicité par la ligue pour la mise en place de ce CTE, c‘est quelque chose que l’on faisait de façon officieuse avant, maintenant il y a un réel cadre.

De plus Vincent Guillaume avant d’être au CTE était mon entraîneur et il l’est toujours d’ailleurs. J’ai vu ces deux la grandir sur leurs planches, maintenant je ne suis plus assez en Calédonie pour m’occuper d’eux mais je sers un peu de relais avec l’international.

Le Downwind est une discipline très pratiquée en Nouvelle – Calédonie. En quoi cela vous a aidé à Hood River ?

Noic :

Ce qui m’a aidé pour la compétition de la Hood river sont probablement les entraînements pousser du CTE (centre territorial d’entraînement) menés par Benoît Rivière dicté par Vincent Guillaume. La grosse houle de cet endroit mythique a fait le reste.

Titouan :

C’est un lagon en Calédonie, ce n’est pas océanique donc quelques part les bumps sont similaires ! Donc tout simplement de s’entraîner dans les conditions Calédoniennes est un réel atout pour préparer Hood River.

Pouvez- vous nous parler de votre spot de downwind préféré sur l’île ?

Noic :

L’un de mes endroits préférés est la descente de Naia sous un bon 30kts. Je peux vous dire que ça décoiffe.

Clément :

Nous avons un parcours de 30km de Néa à Ongué, dans le lagon avec un clapot court comme en Orégon ce qui explique peut être notre aisance.

Titouan :

Alors je  ne sais pas si c’est mon préféré mais c’est le spot où l’on ride, c’est a dire le downwind Meridien / kuendu qui est le run à Noumea. Si on a le temps on peut pousser jusqu’à Naia, pour 25 km. Mais en fin de compte toute la côte est un spot de downwind puisque l’île est quasiment dans le même axe que l’alizé.

Comment se développe et évolue notre sport en Nouvelle- Calédonie ?

Clément :

De nouveaux magasins veulent s’installer, avec 200 000 habitants la concurrence est très dure, les clubs également se tirent dans les pattes et l’ambiance s’est dégradée, du coup beaucoup de rameurs ne viennent plus faire les courses.

Au début avec un club uniquement on était presque 50/60 personnes au départ maintenant on est environ 30 et quelquefois 15. Commercialement c’est en très net recule et les shops ferment de plus en plus, c’est très inquiétant.

Noic :

Le SUP en Nouvelle-Calédonie à bien évoluer aussi bien en loisir qu’en race. Cependant, il est malheureusement à noter un essoufflement des compétiteurs.

Il fut un temps où l’on était 70 sur la ligne de départ aujourd’hui s’il y en a 30 c’est bien beau. Seul un gars comme Titouan pourrait relever un engouement à la compétition. Peut être quand il se sera posé sur le territoire…

Titouan :

C’est la pratique du downwind qui prend le plus car c’est facile à organiser et assez régulière toute l’année même si le vent est plus fréquent en été.

Merci les Cagous et Titou, toute la France est avec toi demain!

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