Michaël Fargier: “le Marathon de l’Ardèche, c’est LA course de Légende”

Depuis 1984, c’est l’une des courses phare dans le monde du kayak. Mais depuis 2016, Le Marathon International des Gorges de l’Ardèche, aussi connu comme le Marathon de l’Ardèche ou tout simplement, le Marathon, est ouvert aux planches de stand up paddle. L’Ard’River Paddle Race, nom donné à la course de SUP le jour du Marathon, revient le 13 novembre prochain et offre une opportunité unique de descendre en SUP la rivière Ardèche sur 27 kilomètres jalonnés de paysages naturels incroyables et de petits rapides accessibles. Michael Fargier est justement l’un de ce athlètes issus de l’univers du canoë-kayak qui a réalisé une transition vers le SUP Race il y a quatre ans. Après avoir gagné l’épreuve en kayak bi-place en 1998 quand il comptait parmi l’élite mondiale du kayak, il l’a remporté de nouveau en 2019, cette fois en SUP. Qui de mieux donc pour nous présenter cet événement qui a de grosses ambitions en stand up paddle pour l’avenir, avec une jauge SUP ouverte jusqu’à 200 participants cette année. Cerise sur le gâteau, Michaël Fargier est ardéchois, alors…

Bonjour Michael, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et ton parcours de kayakiste ?

Je viens du Kayak en eau vive, et de la descente de rivière. J’ai découvert le kayak un été vers 9 ou 10 ans et  je m’y suis mis comme ça. J’ai été, entre autres titres, champion du monde en 1997/1998 et j’ai arrêté le kayak en 2001. En 2007, je suis revenu à mes premiers amours en devenant entraineur national de l’équipe de France de kayak jusqu’aux JO 2012 de Londres. Je suis prof de sports, j’habite maintenant à Fréjus, mais je suis ardéchois et j’ai grandi en Ardèche. Je suis né à Aubenas à 30 kilomètres de Vallon Pont d’Arc, le lieu de départ du Marathon International des Gorges de l’Ardèche.

Comment est-ce que tu t’es mis au Stand Up Paddle ? 

La transition s’est faite quand j’étais en région parisienne lorsque je me suis mis d’abord au surfski. C’était commode, les spots pour pratiquer n’étaient pas trop éloignés et j’ai bien adhéré avec cette discipline notamment sur le côté downwind et navigation. Quand on est arrivé ensuite en Méditerranée, du côté de Fréjus, il y avait beaucoup moins de surfski. Par contre il y avait pas mal de paddles sur l’eau. Du coup je m’y suis mis plutôt sérieusement. Du fait que tu fasses beaucoup plus appel à tes qualités d’équilibre, il y a une dimension plus technique que j’aime bien. Et puis le côté un peu nouveau aussi m’a plu. J’ai attaqué en 2017. En 2012 et 2013, j’avais déjà essayé sans être convaincu et j’ai pu voir une vraie différence dans le matériel de SUP Race en 4 ans. Ca glisse, on joue, ça me plait bien.

Ce qui m’éclate dans le côté SUP c’est la couverture médiatique aussi, merci d’ailleurs à TotalSUP pour les lives qui sont très appréciés, le partage de résultats, etc. En ocean racing, c’est quand même un peu plus léger.

Je navigue de temps en temps avec Cyril Garbous de Freeride Attitude. Pour une raison essentiellement de stockage de matériel, qui est un gros problème en Méditerranée,  je suis au club d’aviron maximois, qui a une triple affiliation fédérale.

Quels sont tes palmarès en kayak et en SUP race ? 

En kayak, j’ai un titre de champion de monde en équipe et un titre de vice-champion du monde en individuel en 1998 et je suis vainqueur de la coupe du monde en 1997.

En SUP, je m’y suis mis tard. Je suis rentré plusieurs fois dans le Top 10 aux championnats de France et j’ai deux titres de Champions de France Grand Master. Cette année, je suis papa depuis le 27 juillet et du coup je n’ai fait que la Coupe de France de Saint Raphaël où j’ai fait 5 sur la Longue Distance et 6 sur la Technical Race, et la Léo Race, un événement caritatif. Et bien sûr il y aura le Marathon de l’Ardèche en novembre.

Du coup, quel type de paddler es-tu ?

J’adore tout ce qui est downwind. Que ce soit en surfski ou en SUP, analyser les plans d’eau, identifier tous les flux d’ondes, vents, courants, etc. Le côté surf c’est un côté que je n’ai pas encore exploité. Je suis un kayakiste mais pas vraiment un nageur. Barboter dans l’eau ou regarder l’horizon en attendant les vagues ce n’est pas mon truc. Il faut que je sois tout le temps actif. Quand tu navigues, ça oblige vachement à anticiper, calculer, ça oxygène le cerveau et vide bien la tête. C’est ce que j’aime aussi dans la pratique en rivière où la navigation joue une part importante.

Qu’est-ce que représente le Marathon International des Gorges de l’Ardèche à tes yeux ?

Le Marathon de l’Ardèche c’était un peu le mythe, la course de légende, l’épreuve qui fait rêver.  En kayak, ce sont à chaque édition des champions du monde qui gagnent. C’est vraiment un gros truc dans notre sport. Je l’ai gagné en kayak bi-place en 1998 et également en junior. Cette année là, j’étais vice-champion du monde mais le fait de gagner cette course, et en plus à la maison, c’était presqu’aussi important en termes de retombées. Une petite boutade entre nous c’est que si tu n’es pas champion du monde, ou champion olympique et que tu n’as pas gagné le marathon, c’est qu’en gros il te manque quelques chose.

C’est aussi l’une des dernières manifestations de l’année, c’est un peu la dernière occasion de tous se retrouver. C’est un événement qui est déjà monté à 2000 participants. Sur un week-end comme celui qui s’annonce le mois prochain avec notamment un jeudi férié, ça devrait bien monter à 1500 / 1600.

En kayak je l’ai fait souvent, dont 3 ou 4 fois en position de la gagner. Je l’ai également fait en embarcation collective, notamment en C9. Et puis bien sûr la victoire en SUP en 2019.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’univers du kayak en lien avec le Marathon de l’Ardèche ?

En fait, en kayak il y a 2 disciplines olympiques, la course en ligne, c’est à dire sur plat et en couloirs, et l’eau vive avec le slalom. Ensuite tu as la descente de rivière qui est reconnue de haut-niveau, mais qui n’est pas olympique et qui se joue en contre-la-montre, avec soit la Classique (environ 10 à 15 miutes de course) soit le Sprint (de 1 à 3 minutes). Chaque discipline a son embarcation qui peut évoluer en fonction des plans d’eau.  Donc sur le Marathon c’est tout ce beau monde qui se retrouve avec chacun leur spécialité et leur matériel.

Par contre ce que les gens ne savent pas forcément, c’est que ce qui compte vraiment sur les marathons de descente, c’est le classement scratch, c’est donc les K2, c’est à dire les kayaks bi-places qui reçoivent le plus d’attention. Tu as 10 ou 15 K2 qui arrivent avant le 1er K1. Et le résultat des individuels est presque secondaire.

Et le Marathon version SUP Race.

En 2019, c’était ma première participation en SUP. Je crois que l’événement est ouvert au SUP depuis 2016 mais il y a eu deux annulations successives depuis 2019. Du coup cette année, je remets mon titre en jeu et je reviens le défendre. Difficile de dire qui sera présent encore. Titouan Puyo a indiqué qu’il participerait peut être. Je sais qu’il est déjà venu dans les Gorges. Sinon certains spécialistes de la Longue Distance devraient être là aussi  : Franck Fifils, Didier Varon, Alexis Hillairet…

Que peux-tu nous dire des conditions de rivière ?

C’est une épreuve qui reste quand même acessible en terme de difficultés. Beaucoup de gens entendent “Ardèche” et “rivière” et ça peut impressionner mais clairement tout le monde peut y aller. Il n’y a rien de très très dur et par rapport au canoë-kayak, le fait d’être debout permet de voir les passes. Il ne faut pas croire que c’est du rafting. Ca reste de la petite navigation et ça passe bien. De toutes façons, quand il y a trop d’eau c’est annulé. Et quand il n’y a pas assez d’eau, c’est là où il faut faire attention à son matériel. En fonction de ses propres objectifs, peut être que le gonflable reste plus sûr, même s’il y a peu de chances que cette prochaine édition se gagne en gonflable.

Je recommande d’ailleurs à tous de participer à la descente de reconnaissance, proposée par les organisateurs le 30 octobre.

Egalement, le jeudi 11 novembre étant férié, ça peut permetre de se rendre sur place plus tôt afin de réaliser une reconnaisse pour la course qui a lieu le samedi. Pour ça, il faut organiser une navette qui permet d’être réceptionné au débarcadère de Sauze.

En terme de durée d’effort, il faut compter une descente entre 2 heures et 2 heures et demi, soit un format de longue distance assez classique.

Et pour ceux qui ne sont pas forcément là pour faire un chrono ?

C’est top aussi ! Les paysages sont magnifques. Nous sommes dans les Gorges de l’Ardèche, c’est un canyon avec des falaises de chaque côté, donc très encaissé et très sauvage. Les SUP sont les premiers à passer, donc tu es un peu seul au monde et il y a un côté “raid aventure” indéniable. Sans oublier le lieu de départ qui est assez magique, sous le pont d’arc.

Et l’ambiance ?

C’est un événement organisé par le club de Vallon Pont d’Arc donc des gars du Kayak et de l’Eau Vive et qui d’ailleurs se mettent de plus en plus au stand up paddle.

C’est vraiment un bel événement, il y a toujours le soir une petite fiesta. Régulièrement il y a un groupe de musique ardéchois, Cyclone, qui met l’ambiance.

Un dernier petit mot pour les stand up paddlers qui sont en train de se décider ?

Il faut venir, il ne faut pas avoir peur de la rivière. Il faut compter sur 2 heures et demi maximum de descente. Un très bon moment à passer et puis un niveau d’eau garanti.

TotalSUP: Merci Michaël et nous te souhaitons plein de bonnes choses pour la prochaine édition.

A vos inscriptions pour le Marathon International des Gorges de l’Ardèche / Ard River Paddle, le 13 novembre 2021 !

www.marathon-ardeche.com

A propos de l’auteur

Mathieu Astier

Mathieu est le fondateur hyperactif de TotalSUP mais aussi un vétéran du marketing et de la communication web avec plus de 20 ans d'expérience aux côtés des plus grandes start-ups internationales. Son coup de foudre pour le Stand Up Paddle en 2013 l'a amené à construire l'une des principales plateformes d'information en ligne dédiées au SUP, en anglais et en français pour une audience mondiale, et à tourner sa vie de famille résolument vers l'océan.

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