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La Foire Aux Questions sur le Marathon de l’Ardèche avec Luis Brisson

Dernière manifestation sur le calendrier EuroTour 2021, le Marathon International des Gorges de l’Ardèche est avant tout l’un des plus grands événements au monde en Canoë-Kayak avec une moyenne de 1500 participants par édition et est ouvert au Stand Up Paddle depuis 2016 avec un événement dans l’événement nommé l’Ard River Paddle, un fait qui est passé un peu inaperçu à cause des 3 annulations qui ont malheureusement eu lieu au cours des 4 dernières années. Le Marathon n’en a pas moins de grosses ambitions autour du SUP race et accueillera cette année au moins deux champions du monde, le néo-calédonien Titouan Puyo et le hongrois Bruno Hasulyo… et, nouvelle de dernière minute, l’italien Paolo Marconi et la française Fanny Tessier sont annoncés. Ces stars internationales auront à côté d’eux sur la ligne de départ, un vrai spécialiste de la rivière, le tenant du titre Michael Fargier ! Grosses batailles en vue ! On retrouve Luis Brisson du club organisateur Vallon Plein Air pour nous planter le décor avec une rafale de questions-réponses !

Bonjour Luis Brisson, qui es-tu ?

Bonjour Mathieu, je suis diplomé d’état en Canoë-kayak. Mon coeur de métier c’est d’être éducateur sportif. J’entraîne toute l’année des plus jeunes et des plus grands au sein du Club de Vallon Plein Air. Avant que certains ne basculent vers le haut niveau dans des structures plus adaptées.
En gros, j’anime la vie du club tout au long de l’année.

Comment est structuré le club de Vallon Plein Air ?

Le club a été créé en 1964, il est situé à côté du CREPS Rhône ALPES, qui est le centre de formation des métiers de plein air et il y a un lien historique fort entre les deux institutions. On est un club de kayak et de sports de pagaie avec au programme donc kayak, Stand Up paddle et pirogue.

En 1984, pour essayer de faire vivre l’asso, il a été créé un événement: le Marathon International des Gorges de l’Ardèche avec 100 personnes au départ la 1ère année, un pic de participation avec 2000 inscrits en 2004. L’épreuve a été rapidement ouverte à la pirogue. Et à partir de 2016, on a intégré les SUP.

Nous sommes 2 salariés  à temps plein tout au long de l’année, deux postes qui ne peuvent être financés que grâce à cette manifestation. Heureusement, nos partenaires nous ont soutenu ces deux dernières années de pandémie. Ça nous a permis de rester en place et d’accueillir la soixantaine de membres qui viennent pratiquer toutes les semaines.

Où en l’événement suite aux diverses annulations ces dernières années ?

On sort d’une période assez difficile avec des annulations en 2017 et 2018 pour des raisons climatiques, une année avec pas assez d’eau ce qui était une première puis une année avec trop d’eau. On a connu ensuite un “petit” marathon en 2019 avec 1000 participants et l’édition 2020 at été annulée à cause du COVID. Donc, trois annulations en 4 ans. Une stat qui n’est pas très bonne pour nous mais pour la 37è édition, l’envie est toujours la même d’organiser un événement de grande envergure.

Je voudrais aussi rappeler que le Marathon International des Gorges de l’Ardèche est sur un événement qui a été créé par des bénévoles et qui perdure grâce à l’engagement de 300 bénévoles dont une vingtaine qui se réunissent tout au long de l’année.

As-tu observé un engouement de la part des kayakistes pour le stand up paddle ?

On l’a clairement remarqué dans le monde du Canoë-Kayak, avec une très grosse croissance du SUP depuis 5 ans. Dans tous les clubs, on se met au stand up paddle. En Ardèche par exemple tous les clubs sont équipés. C’est un fort engouement qui s’explique par le côté ludique de la discipline, avec en plus l’avantage d’être debout et d’avoir une meilleure lecture du plan d’eau. Et ça marche dans les deux sens. Avec de plus en plus de stand up paddlers, qui se mettent au kayak pour comprendre comment ça marche et mieux aborder la rivière.

Pour être plus précis, le stand up paddle se rapproche beaucoup du canoë, du fait que l’on manie dans les deux sports une pagaie simple. C’est quasiment le même référentiel pour les deux disciplines en fait. Et en stand up paddle de rivière, c’est encore plus spécifique et le lien est encore plus fort puisque les connaissances sur la navigation en rivière sont cruciales dans les deux cas.

Michael Fargier, ancien kayakiste reconverti au SUP race et tenant du titre (2019)

Comment se déroule le Marathon International des Gorges de l’Ardèche ?

Sur l’événement il y a 3 courses. L’événement global s’appelle le Marathon International des Gorges de l’Ardèche et regroupe trois courses :

– L ‘Ard River Paddle. Comme en 2019 et en 2016, on fait partir les stand up paddle sur une course de 27 kilomètres qui part à 9h. Cette année, nous sommes la dernière manifestation du calendrier Eurotour ce qui a dû motiver des champions du monde comme Titouan Puyo et Bruno Hasulyo de s’aligner cette année !

– Le Challenge: c’est la course qui fait partir les embarcations collectives et qui regroupe le plus de personnes donc c’est un challenge très convivial, festif avec des embarcations de 3 et 12 places, surtout des C9 (canoës 9 places), pas mal de pirogues, des V6, des barques traditionnelles, etc. On a environ une centaine de bateaux sur le Challenge, ce qui représente environ 700/800 participants dans qui ne sont pas là pour jouer la gagne mais pour l’ambiance et profiter des paysages.

Ces 2 épreuves partent sous le Pont d’Arc, l’arche emblématique qui se situe juste après Vallon Pont d’Arc, à l’entrée du parc naturel des Gorges de l’Ardèche.

– Le 3ème départ c’est celui du Marathon, la course originelle qui rassemble plutôt les compétiteurs, dans des embarcations monoplaces ou biplaces, qui se lancent de Vallon Pont d’Arc, un peu plus haut que l’arche, et c’est là qu’on va retrouver les compétiteurs de très haut nivau, des médaillés olympiques, des médaillés des championnats du monde dans de multiples disciplines du Canoé-Kayak.

– Il y a un village exposant le vendredi à Vallon Pont d’Arc qui se déplace le samedi à St Martin d’Ardèche et qui compte entre 10 et 15 exposants. Il y a beaucoup de spécialistes du Canoé-Kayak mais on espére accueillir plus d’exposants dans le stand up paddle à l’avenir.

En terme d’ambiance, à l’issue de la journée du vendredi, on fait une cérémonie d’ouverture, où on accueille les participants et où on présente les meilleurs sur scène, qui font partie de l’élite mondiale, dans une ambiance conviviale et festive.

Le samedi soir c’est repas-concert, très festif et très convivial.

Quelle est la catégorie qui compte le plus sur le Marathon ?

Il y a un classement par catégorie et toutes les catégories sont récompensées. Mais comme il s’agit d’un départ en mass start, ce qui est le plus attractif et le plus regardé c’est quand même l’arrivée des premières embarcations et donc la victoire au scratch des kayaks bi-places qui restent les embarcations qui vont le plus vite. Les équipages se montent pour jouer la victoire au scratch sur cette épreuve.

Quelle est la configuration de la ligne d’arrivée ?

C’est souvent un finish au sprint. Pour plus de spectacle, l’arrivée se fait devant les spectacteurs, avec un premier passage devant la foule, puis un dernier tour de bouée qui est très souvent déterminant et une arrivée devant les spectateurs.

Combien de participants sont attendus le 13 novembre ?

On est déjà monté à plus de 2000 participants. Cette année on attend entre 1300 et 1500 participants ce qui serait déjà une très belle édition.

Peut-on louer du matériel sur place ?

Sur place, il y a de la location mais principalement de kayaks bi-place, grand public, qui servent principalement en été pour profiter du paysage. En terme de SUP, on n’a pas de location de planches de SUP Race profilées pour la course, mais on a des des paddles d’initiation et de balade disponibles. Comme c’est une course que l’on peut faire en mode balade, vous êtes les bienvenus à nous contacter pour louer ce type de planche.

Peux-tu parler du parcours et de sa technicité ?

C’est une rivière, qui se lance sur 27 kms de descente avec une trentaine de rapides de classe 2 sur une échelle de 5, ce ne sont pas des rapides très difficiles, en général des rapides assez courts, certains en virages, certains en train de vagues. On a la chance d’avoir un partenariat avec EDF depuis 30 ans qui permet un gros lâché d’eau si besoin. Ce qui signifie plusieurs choses, plus de vitesse, moins de chances de toucher les cailloux avec son matériel. C’est une descente qui se fait facilement sous les 3 heures et les premiers SUP racers gagnent en 2 heures.

Niveau sécurité, on met en place un dispositif de sécurité sur l’eau qui permet de franchir les rapides en toute confiance. Après il faut quand même avoir une connaissance de base de l’eau vive, car même s’il n’y a aucun danger, on peut facilement passer à l’eau.

Le débit d’eau est estimé à 6 à 10 m3 par seconde l’été ce qui correspond à une hauteur d’eau de -70/-80cm sous l’échelle, alors que pendant la course on va être à +30/+50cm, et un débit d’environ 100 m3/s.

Quelles sont les possibilités de participation en SUP ?

Toutes les embarcations de stand up paddle sont les bienvenues. Nous avons des inscrits en indivuels, en SUP tandem ( bi-place) en Dragon SUP (4 places) ou en Big SUP (6 à 8 places)

Peux-tu nous rappeler quelles sont les pièces d’équipement obligatoire ?

Le gilet d’aide à la flottaison c’est la base pour tous les pratiquants en eau vive. Ensuite, casque, chaussures et une tenue thermique adaptée à la météo, a minima un Long John. Le leash est interdit en rivière. Ce n’est pas une composante contraignante car comme on est sur des petits rapides suivis de grand plat, on retrouve le matériel facilement après le rapide, lorsque l’on tombe dans l’eau.

Que faire en cas de chute ?

En cas de chute, la priorité c’est d’essayer de tomber sur sa planche. Et en cas de chute dans un rapide, il faut privilégier de tomber à plat, dos ou vendre, pour éviter de couler et d’aller toucher les cailloux ou autres obstacles dans l’eau qui pourrait nous blesser ou nous coincer. Il est conseillé aussi d’esssayer de garder sa planche près de soi pour avoir un support d’appui.

Il me parait importer aussi d’indiquer que sur notre course, il n’y a pas de règle sur la manière de pagayer, et sur le nombre de coups de pagaie. On peut donc passer les rapides à genoux ou allongé si on en sent le besoin.

Est-ce que l’on peut faire une reconnaissance du parcours avant l’épreuve ?

En kayak beaucoup de gens font cette reconnaissance la veille ou l’avant veille, ce qui est aussi possible en paddle, encouragé même, puisqu’il y a un jeudi férié et de nombreuses personnes qui font le pont. C’est l’opportunité de faire le run plusieurs fois sur plusieurs jours avant et après l’événement.

Où peut-on se loger ?

Les participants logent autour de Vallon Pont d’Arc ou de St Martin d’Ardèche qui est le village d’arrivée. L’avantage de Vallon Pont d’Arc c’est que c’est une destination touristique phare tout l’été et qui accueille beaucoup de monde avec des campings, des gîtes qui sont vides au moment de la course. L’événement clôture en quelque sorte notre saison estivale.

Quels sont les aéroports les plus proches ? 

Pour les vols internationaux Marseille et Lyon, à 2 heures. Plus près, Montpellier à 1h30, Nîmes à 1h ont des vols low-cost.

Est-ce que l’on peut profiter des Gorges de l’Ardèche en paddle le reste de l’année ?

Oui, c’est un parcours qui se fait l’été mais dans des conditions très différentes. Soit de manière encadrée avec une société spécialisée, soit de manière autonome. On voit de plus en plus de gens qui ont un bon niveau de pagaie et qui font la descente seuls.

Ceci dit, avec le peu de niveau d’eau l’été, la descente peut prendre une grosse journée, certains le font même en deux jours avec un bivouac au milieu.

Merci Luis Brisson et rendez-vous le 13 novembre à Vallon Pont d’Arc pour un LIVE de départ et un suivi sur TotalSUP !

Il est toujours temps de vous inscrire !
www.marathon-ardeche.com

A propos de l’auteur

Mathieu Astier

Mathieu est le fondateur hyperactif de TotalSUP mais aussi un vétéran du marketing et de la communication web avec plus de 20 ans d'expérience aux côtés des plus grandes start-ups internationales. Son coup de foudre pour le Stand Up Paddle en 2013 l'a amené à construire l'une des principales plateformes d'information en ligne dédiées au SUP, en anglais et en français pour une audience mondiale, et à tourner sa vie de famille résolument vers l'océan.

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