La Loire 725, édition 2022 : la France a enfin son Ultra XXL d’aventure !

Du 19 au 25 juin 2022 aura lieu la première édition de l’une des courses les plus longues du monde sur rivière avec ses 725 km, et elle est française : c’est la Loire 725 ! Dépassant de quelques kilomètres la très célèbre Yukon Quest au Canada, il s’agit d’un évènement totalement hors norme, où les concurrents devront descendre la Loire, fleuve mythique et sauvage, de Roanne jusqu’à l’estuaire à Paimboeuf en autonomie pendant sept jours à la seule force des bras. Nous avons interrogé Philippe Marchegay l’organisateur de la course pour en savoir plus.

Bonjour Philippe Marchegay, peux-tu te présenter rapidement pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas s’il te plaît ?

J’ai 60 ans, je suis corrézien… et j’adore les sports nature en général et les sports nautiques en rivière en particulier ! Du coup j’en ai fait mon métier durant 35 ans, avec en point d’orgue quelques directions ou création d’organisations un peu à part (championnats du monde de canoë-kayak descente en 2000 à Treignac (19), création de la Dordogne Intégrale en 2006 avec sa 14ème édition cette année, et de la DI350 en 2019, création du X Trail Corrèze Dordogne en 2016, plusieurs championnats de France de canoë-kayak, Stand Up Paddle ou Course d’orientation depuis 2005…

J’essaie aussi de garder un peu de temps pour aller pêcher à la mouche et chercher les champignons (!), et surtout pour écrire, puisque j’en suis à cinq bouquins parus depuis 2016…

Cette année en juin va avoir lieu la première édition de la Loire 725 après la version test de 2021. Peux-tu tout d’abord nous raconter comment l’idée de cette course est née ?

L’idée est née d’une triple concordance d’évènements et de volontés personnelles !

En premier lieu l’annulation de la Yukon River Quest 2021 (712 km) au Canada pour des raisons sanitaires liées au Covid… qui a laissé orphelins un certain nombre d’européens et notamment de français qui s’y étaient inscrits, l’organisation de la course n’acceptant pas les concurrents étrangers sur cette édition.

Ensuite le déroulement en 2019 de la DI 350 (350 bornes sur la Dordogne en autonomie sur 2 à 4 jours), et les retours plutôt positifs sur cette course d’un genre nouveau !

Et enfin et surtout, l’amour de la Loire portée par Alain Morvan, qui habite à quelques mètres d’elle, près de Bouchemaine, inscrit malheureux à la Yukon et ancien de la DI350. C’est lui, avec l’appui de Franck Fifils (un autre ancien de la DI350), qui a en quelque sorte été celui qui a assemblé le puzzle.

Il m’a contacté l’an passé pour savoir si j’étais partant pour tester puis diriger l’idée un peu folle d’une course de 725 km (la plus longue au monde) sur la Loire, le dernier fleuve sauvage d’Europe, entre Roanne et Paimboeuf !

Et on a fait en sorte de tester grandeur nature l’évent en juin dernier, avec une vingtaine de fous géniaux qui nous ont permis de valider l’idée et d’y apporter quelques aménagements aux vues des retours des testeurs de luxe. Un grand merci à eux, finishers ou non, “premier” (comme Jean-François Boucher qui a fini en 4 jours et demi) ou un peu plus loin dans le “classement”, car leur apport a été capital.

Quelles embarcations sont admises pour participer ?

Tous les types d’embarcations nautiques à 1 ou 2 places sont acceptées (SUP, canoë, kayak, pirogue), que ce soit en relais ou en intégrale.

Quelles sont les modalités et les particularités de cette course hors norme ?

On s’est appuyé fortement sur ce qui existait et avait été testé, notamment la DI 350, en adaptant le règlement au gigantisme de la Loire. Les seules contraintes « légères » sont :

– parcourir les 725 km en 7 jours maximum (départ le dimanche 19 juin à 6 h de Roanne, arrivée au plus tard le samedi 25 juin à 22 h à Paimboeuf)

– avoir un suiveur en voiture (ce peut être un équipier relayeur)

– naviguer de 6 h à 22 h seulement (avec 30 mn de dépassement tolérées le soir, qui sont reportées le lendemain matin)

– s’arrêter pour ravitaillement et check-up médical sur 3 points durant la descente : La Charité sur Loire, Blois et Bouchemaine. L’occasion de filmer et interviewer les héros… et de faire un stop dans des clubs FFCKSP copains ! … et c’est tout !

A part cela, les équipes sont en autonomie totale, les bivouacs ou nuits libres (camping-car, tente, hôtel, gîte,…) du moment qu’on repart le matin de l’endroit où l’on a fini la veille au soir. Les seules interdictions de bivouac sont les îles car ce sont des sites protégés de nidification ainsi que les zones naturelles protégées. Vous pouvez retrouver toutes ces indications dans le règlement de la course. Le tout attesté par un tracker GPS, garantie d’équité, mais aussi de sécurité et de communication externe permanente.

On a voulu garder cet esprit de liberté qui avait prévalu et plu sur la DI et la DI350, et c’est très bien je crois.

Quel est le nombre maximum d’inscrits ?

On a limité à 200 places pour garder une convivialité et un vrai contact avec tous les concurrents de cette course à part.

Quelles sont les modalités d’inscription ? Faut-il prouver son passif sur des courses d’UL ? Et si oui, quelles courses constituent un « passeport » pour s’inscrire ?

On a quand même souhaité que les concurrents fassent état d’une expérience sur une course nautique longue distance (DI, Tawara, enfer de l’ouest, 11 city tour, DW, etc…), pour valider cette inscription, mais nous étudierons toutes les candidatures qui peuvent aussi faire valoir d’autres compétences.

Qu’est-ce qui selon toi peut motiver à faire un tel effort, sur une telle durée ?

Au-delà de la distance fabuleuse et hors norme de 725 km, les concurrent(e)s vont se frotter à un fleuve mythique, la Loire, dont le cours n’est que très peu asservi par les barrages, avec donc des “sautes d’humeur” incroyables ! Le débit du fleuve sera donc un élément très important, notamment sur la partie amont (de Roanne à Nevers et jusqu’à la confluence avec l’Allier). Sur cette partie, la profondeur est faible, les rochers encore présents et il faudra savoir naviguer en rivière. Plus en aval, ce sont les méandres du fleuves et les bancs de sables qui deviendront les ennemis des pagayeurs, car la Loire est capricieuse et extrêmement difficile à “lire” pour les non Ligériens… Enfin, les 50 ou 100 derniers km se rapprochent d’une navigation maritime, selon la météo et le vent, et seront donc un défi de plus qui se rajoutera à la fatigue des 650 premiers kilomètres !

Dernière inconnue, la météo. L’an passé le test numéro zéro avait réservé une météo dantesque aux aventuriers (vents, orages, pluies diluviennes, estuaire démonté par la houle après Nantes); et on avait vu combien cela rendait l’arrivée complexe.

Un petit mot sur le rôle des accompagnants ?

En effet, un petit mot sur les suiveurs et sur le rôle capital qu’ils auront à jouer. L’expérience de la DI350… ou des plus grands trails, prouve bien qu’ils ou elles sont aussi importants que les pagayeurs ! Savoir suivre son bateau depuis la route, trouver les meilleures zones de débarquement ou de bivouac pour le retrouver, préparer le petit casse-croûte qui régénère et donne du courage, trouver les mots et les sourires qui remontent le moral : tout ça rend impératif cette notion d’équipe et de suiveur indissociable du pagayeur.

TotalSUP te remercie beaucoup Philippe pour toutes ces précisions, et pour ce parcours hors norme et sauvage que vous nous proposez toi et ton équipe de bénévoles, rappelons-le, sans qui rien de tout cela ne serait possible. Il ne me reste plus qu’à souhaiter un bon courage et une très belle « course » à tous les guerriers, guerrières et passionnés qui vont s’y frotter ! Le rendez-vous est pris du 19 au 25 juin 2022.

Pour plus d’informations rendez-vous sur :
Loire 725 Facebook.

A propos de l’auteur

William Buna

Originaire de Nouvelle Calédonie et passionné de sports outdoor depuis son plus jeune âge, William pratique l’escalade, le snow, le ski, le windsurf, l’apnée, le surf, et le SUP race. Un jour de 2020 en sortant du confinement l’idée lui vient de relier Toulouse à Bordeaux en SUP seul sur la Garonne et depuis le virus du paddle l’a contaminé. Il a participé à la TAWARA et à la D.I en 2021. Psychologue de formation, auteur et musicien, amoureux de belles histoires, vous le croiserez sans doute prochainement au détour d’une course ou d’un cours d’eau à explorer.

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