Joseph Gueguen domine les 105 kilomètres de Rennes – La Mer, l’enfer de l’ouest

Joseph Gueguen, le rider du team SIC Maui a repoussé encore une fois ses limites sur les 105 kilomètres qui séparent Saint Malo de Rennes en remportant une très belle victoire sur sa SIC Maui RS 14×23. Un magnifique événement d’ultra-endurance sur 2 jours où la stratégie joue presque autant que l’effort physique, avec notamment des passages d’écluse et des  ravitaillements qui peuvent faire la différence! Récit d’un week-end pas comme les autres…

Vendredi – Veille de Rennes – la Mer

Vendredi soir, veille de course, rdv au surfshop Surf Avenue à la Mézières à coté de Rennes. Récupération des numéros, briefing de course et discussions animées sur notre aventure à venir.

Benoit Renault, président de l’association Bol de sup’air et organisateur de l’épreuve.

Pas de veillée tardive, nous filons à la maison familiale et rurale de Hédé, une ville située à mi-parcours de l’épreuve faire le plein de sommeil avant l’effort.

Samedi – le Jour J

Samedi matin, 5h45, tout le monde sur le pont, petit déjeuner copieux et préparation du matériel.
J’utilise pour cette course ma planche SIC RS 14×23, une planche rapide et confort pour assurer la fatigue. Coté moteur j’ai ma pagaie SIC Battle 80, une surface de pâle assez petite avec un peu de raideur dans le manche, un appuis très homogène dans l’eau et surtout un poids plume.

Arrivé sur le lieu du départ, cale de la passagère à Saint Malo, la brume se dissipe comme on lèverait le rideau sur une scène où la Rance dévoile sa plus belle parure.

Mer calme, courant portant, les 15 premiers kilomètres seront glissants. Je suis détendu, j’ai rendez vous avec moi même sur cette course.

Top départ, quelques chiens fous partent en tête et le tandem Sebastien le Meaux – Stéphane Leblond distance rapidement toute la flotte, ils sont très rapides sur cet engin.

Le tandem Stéphane Leblond – Sébastien Lemeaux. Photo : Arthur Avranches.

Je patiente et profite de la richesse du paysage, ce sas entre terre et mer à l’écosystème si varié. Un phoque nous regarde ahurie alors que nous arrivons déjà à la première écluse. Les pierres sont glissantes, le courant s’est inversé et nous franchissons avec difficulté la trentaine de mètres qui nous sépare de la berge. Ce n’est que la première d’une cinquantaine sur le week end.

Dinan, kilomètre 17, premier arrêt au stand avec Matthieu Chauvel alors que l’anglais Andre le Geyt qui complète notre trio, file vers la suite du parcours. Désormais face à un faible courant nous rattrapons Andre le Geyt et enquillons les kilomètres à trois dans la discussion et un décor champêtre très agréable. Nous apprenons que notre anglais et le vainqueur du circuit ultra longue distance anglais, avec de belles courses à son effectif comme la Yukon River Quest (750km). Petit coup d’œil inquiet vers Matthieu, nous, petits bizuts de la longue distance…

Deuxième ravitaillement à Evran au kilomètre 33, l’anglais s’attarde et j’en profite pour souffler à Matthieu « GO, c’est maintenant pour le distancer ! ». Petite foulée, passage de l’écluse et nous repartons avec 100 mètres d’avance. 5 kilomètres d’investissement supplémentaire nous permettrons de le mettre hors de nuisance.

A partir de 40 kilomètres, les douleurs musculaires se font sentir et la lassitude prend le dessus. Je me remobilise par ce décor à l’odeur d’herbe fraichement coupée où les dizaines de canards partent effrayés à l’unique son du clapotis de nos planches sur cette eau calme. Arthur Avranches qui assure l’assistance de Matthieu en vélo est également d’un bon support moral.

A l’approche du dernier ravitaillement au kilomètre 45, le tandem qui mène la course est en vue, un nouvel objectif, les rattraper. Ils sont plus rapides mais freinés par le passage des écluses en manipulant leur lourde planche.

Un verre d’eau, une banane et je pars en laissant Matthieu. Je retrouve l’envie, de la lucidité pour ajuster ma technique et le plaisir de voir mon objectif se rapprocher. « L’appel de l’écurie » comme disait ma Grand mère.

Avant dernière écluse, je sors, cours avec toute l’énergie que me laissent ces kilomètres de rame et double le tandem quelques centaines de mètres avant l’arrivée.

Heureux d’avoir fait confiance à mon corps, de découvrir ce plan d’eau verdoyant et d’avoir encore l’envie de repartir demain.bLes participants arrivent aux compte gouttes, accomplissant chacun un magnifique défi.

De retour à Hédé, la convivialité et le partage sont les leitmotivs du week.end qui, à mi parcours, laisse les participants savourer un demi de « l’écume des falaises » bien mérité.

Dimanche – 2ème Journée

A l’issue d’une nuit agitée, comme souvent lors de mes courses, je m’éveille endolori mais d’attaque pour cette nouvelle journée de rame. 48 kilomètres, 26 écluses, de quoi se dégourdir les jambes…

Le ciel est couvert mais le calme de cette rivière aux couleurs printanières, dégage suffisamment d’énergie pour nous lancer dans la deuxième partie de cette aventure.

Je draft le tandem sur 3 kilomètres mais leur vitesse est trop élevée pour le rythme que je veux m’imposer. Patience, nous reviendrons sur les passages d’écluses.

Le court d’eau serpente et les promeneurs peu à peu plus nombreux nous indique la proximité de la ville.
Nous passons rapidement le tandem et avec Matthieu nous nous relayons comme la veille.

A Betton, les odeurs de poulets du marché me font saliver. Je pense à de nombreux sujets, mon boulot, ma famille, la couleur des canards, ma copine, la forme des nuages, la profondeur de l’eau ou encore le nombre de feuilles dans les arbres. Bref je compte les kilomètres.

Dernier ravitaillement à Saint Gregoire, une banane, un verre d’eau et nous attaquons les 11 derniers kilomètres.
Nous abordons Rennes, sortons sur le passage piéton et retournons à l’eau dans l’obscurité sur 500m de tunnel sous la ville, à la frontale. Dans le noir, j’aime cette sensation ou mon corps à défaut de voir, augmente ma capacité olfactive et auditive. J’écoute ma planche glisser et rejoint la dernière écluse avant la dernière ligne droite de 5 kilomètres jusqu’à l’arrivée.

Je tente une attaque et distance Matthieu de 50 mètres.

Le bougre n’a pas dit son dernier mot et revient sur moi avec une détermination folle.

Je m’incline et récupère son draft. Tentant de nouvelles attaques, je vois que Matthieu à débranché, c’est pour lui celle la.

Arrivée en 5h25, digne, le corps usé mais l’esprit éclairé de cette nouvelle expérience.

A quand la prochaine ?

Merci Bol de SUP’air pour ce bel événement.

Pour en savoir plus sur le matériel SIC Maui :
https://sicmaui.com/

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