Amandine Chazot : Comment Elle est Devenue l’une des Meilleures Mondiales

Le mois dernier, Amandine Chazot crevait l’écran (enfin celui de nos pcs, smartphones et autres tablettes) aux Championnats du Monde ISA au Danemark alors qu’elle célébrait sa toute première qualification en équipe de France de SUP race avec un titre de vice-championne du monde. Mais pas que ! La bretonne qui s’alignait sur 3 événements a été présente dans toutes ses courses et a fait preuve d’une régularité qui aura marqué les esprits. Ses adversaires sont désormais prévenues, Amandine Chazot fait désormais partie du top mondial. Interview. (Photos: FFS)

Amandine Chazot vice-championne du monde
Tu viens de terminer tes premiers championnats du monde ISA et tu reviens avec une médaille d’argent en Sprints, une 5ème place sur la Longue Distance et un top 10 en Technical Race. Peux-tu nous décrire comment tu as vécu cette expérience sur le plan sportif?

C’était une expérience incroyable, j’avais préparé très sérieusement ces courses, avec une bonne dose d’entrainement dans l’été et en essayant de vraiment progresser sur ma technique de rame. Mon résultat sur les sprints, finalement, je m’y attendais puisque j’avais toujours eu de bonnes sensations dans cette discipline et fait de bons résultats sur ces courses. Ma 5ème place est plus une surprise pour moi, j’avais vu sur l’euro tour que j’étais capable d’être au contact des meilleures, mais pour les mondiaux, j’y allais avec beaucoup d’incertitudes puisqu’il y avait énormément de filles que je n’avais jamais rencontrées en courses, j’avais donc du mal à me positionner. La longue distance est un des moments les plus fort que j’ai vécu en compétition depuis mes début en SUP, à la fois physiquement et mentalement, j’ai vraiment adoré.

Amandine Chazot SUP Race Sprints

Que ressent-on quand on fait partie de l’équipe France et que l’on porte les couleurs de son pays? Qu’est ce que le Team France t’a apporté avant, pendant et entre les épreuves?

Je pense que pour beaucoup de sportifs, c’est un rêve de faire partie de l’équipe de France. Cet hiver, lorsque Casper m’a dit qu’il y avait presque toutes les chances que la parité soit de mise pour les prochains mondiaux, je me suis dit que c’était ma chance et j’ai commencé à y croire. Bien sûr le jour de la compétition, c’est une pression supplémentaire de savoir que l’on court non seulement pour soit mais aussi pour l’équipe. Mais c’est plutôt une motivation en plus qu’une contrainte et c’est ce qui nous permet de nous surpasser. De la même manière, être entourée de toute l’équipe, avec d’autres sportifs de haut niveau est hyper stimulant. Je connaissais déjà et appréciais beaucoup nos racers (Olivia, Titouan et Arthur), mais ces dix jours ont aussi été l’occasion de faire la connaissance avec les sup surfeurs et les prone paddlers, qui sont tous extra et nous ont énormément soutenu pendant nos courses.

 

On peut désormais dire que tu fais partie des meilleures athlètes mondiales. T’attendais-tu à ça? Serait-il juste de dire qu’il y a un avant et un après les ISA World SUP 2017 pour toi?

Clairement il y aura un avant et un après. Je pense que ces championnats ont été le moyen de prendre enfin vraiment confiance en moi. J’ai toujours eu de vrais freins psychologiques, notamment par le fait que mes études de médecine me prennent beaucoup de temps, qui me donnaient souvent l’impression de ne pas avoir assez de temps pour m’entrainer et être au niveau. Ces courses m’ont prouvé le contraire et me motivent vraiment pour la suite. Je pense avoir encore une énorme marge de progression, notamment sur la technical race et la technique de rame. J’ai vraiment hâte de reprendre l’entrainement pour préparer la saison prochaine.

La présence de ton compagnon Boris Jinvresse pendant tout le championnat ISA t’a-t-elle aidé à te dépasser? Quelle a été son implication concrètement?

Boris et moi nous entrainons tout le temps ensemble. Nous avons commencé le stand up en même temps et nous motivons depuis le début pour progresser et aller sur l’eau quelques soient les conditions, même lorsque c’est le soir après une grosse journée de boulot et qu’il pleut (situation assez fréquente chez nous).  Boris est mon principal moteur, il m’aide à avoir confiance en moi, à gérer mon stress avant les courses et sait très bien me motiver et me préparer mentalement pour être au top le jour J. Tout l’été, Boris a suivi le même plan d’entrainement que moi et nous avons vécu cette préparation ensemble.  Je n’envisageais pas un instant d’aller ensuite faire ces courses sans lui à mes côtés. Voir Boris à l’arrivée était la plus belle récompense de tous les efforts, ce d’autant plus que je savais que ça devait être dur pour un compétiteur comme lui de regarder toutes ces courses-notamment les sprints- sans pouvoir y participer.

Au delà de Boris, il y a  beaucoup de personnes qui m’ont aidées à me dépasser et auxquelles j’ai beaucoup pensé avant et pendant les courses, notamment mon entraineur Gaetan Sené et mes soutiens psychologiques de tous les week-end ou presque, Amaury Dormet, Joseph Gueguen et les autres copains bretons. C’est tout cet ensemble qui crée la performance.

Tu es double championne de France en 14 pieds. Est-ce que le 3ème titre à Crozon est ton prochain objectif ?

Bien sûr, la Presqu’ile Paddle Race est clairement l’évènement de l’année que j’affectionne tout particulièrement, organisé chez moi et orienté vers le downwind qui est mon format de course préféré. L’ambiance est toujours incroyable, avec tous les copains de toute la France qui viennent manger des crêpes sur la presqu’ile, au top.

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