Air France Paddle Festival 2018 – le Top 10 de TotalSUP

Avec pour la première fois de son histoire un énorme plateau international et des rebondissements à la douzaine, la course Elite de la 5ème édition du Air France Paddle Festival a regroupé  tous les ingrédients pour lancer de belle manière la très attendue Paddle League, nouveau circuit mondial à l’initiative de Chris Parker, Kelly Margetts et Brian Meyer. Prenez une dizaine d’internationaux parmi les meilleurs mondiaux, une dizaine des meilleurs riders tahitiens, ajoutez 24 kilomètres, 35 degrés, des champions du monde qui défaillent, des vagues de bateau qui créent la controverse, des outsiders qui font la nique aux plus grands et un gamin de 13 ans qui crève l’écran, et vous avez le cocktail de la Air France Paddle Festival 2018 à consommer sans modération. Voici les 10 points qu’il faudra retenir:

1. Sonni Honscheid remporte la Air France pour la 2ème année consécutive

Venue en touriste l’année dernière et remportant facilement l’épreuve, la rideuse allemande savait qu’avec 2 athlètes du top 5 (Fiona Wylde et Olivia Piana) et la très performante Yuka Sato, la partie allait être plus difficile en 2018. Prenant la tête dès le début de la course, Sonni a signé à Punaauia, l’une de ses plus grandes victoires sans défaillir un instant avec un coup de rame ample, puissant et régulier sur 24 kilomètres.

2. Marcus Hansen, de Dark Horse à désormais favori

Grâce à une incroyable remontée sur le leader de la course Michael Booth pourtant loin devant, Marcus Hansen a démontré au monde à la fois ses capacités physiques et son sens du stratège. Positionné en 4ème position tout le long de la course, le néo-zélandais, dont c’est la première grosse victoire sur le plan international, s’est senti poussé des ailes à 3 kilomètres de l’arrivée et a rattrapé en quelques minutes l’énorme “Boothy” dont on était certain qu’il irait jusqu’au bout de sa chevauchée solitaire. On imagine alors l’australien capable de rester dans le draft de Hansen, mais ce dernier ne freine pas et en voyant l’état de fatigue du champion du monde 2016 et remet un coup d’accélérateur pour une victoire nette et précise avec un écart de 35 secondes sur son poursuivant.

Marcus Hansen admet avoir fait des erreurs ses deux dernières années en gérant mal ses entrainements, sa nutrition etc, mais avec une 4ème place sur la 12 Towers en Australie  le mois dernier et désormais cette victoire sur les meilleurs mondiaux, sa confiance pour le reste de l’année est de mise. On le retrouvera en Europe dans un mois.

3. Yuka Sato, fini aussi le statut d’outsider

Avec une magnifique 2ème place devant deux rideuses du top 5 mondial, Yuka Sato confirme son excellente forme et s’offre clairement une place parmi le gratin mondial chez les filles. On ne pourra plus estampillé la japonaise de 32 ans, d’outsider. Yuka Sato enchaîne cette 2ème place sur la 1ère épreuve de la Paddle League après une très belle victoire sur la 12 Towers, course de référence en Australie, cette fois-ci encore devant du “lourd” avec Angie Jackson parmi ses poursuivantes.

4. Steeve Teihotaata,  le Fenua monte sur le podium

Absent du devant de la course pendant les 4/5ème de la course, Steevy a réalisé lui aussi une énorme remontée. Après une lutte sur quelques centaines de mètres avec Titouan Puyo pour la 3ème place, il arrive à passer la 6ème sur les derniers 500 mètres. C’est toute la fierté de Tahiti qui peut éclater, preuve en est de la couverture du journal quotidien Tahiti Infos, qui n’a d’yeux que pour le résultat de Steeve titrant “Steeve Teihotaata, 3ème de la Air France”

5. Les favoris décrochés

A différents niveaux, nombre de riders masculins ont manqué leur rendez-vous avec la Air France Paddle Festival. Une situation largement due à la longueur du parcours et aux conditions extrêmes. Pourtant les athlètes en forme du moment annonçaient tout de suite la couleur avec un front longtemps mené par Titouan Puyo, Michael Booth, Lincoln Dews et Enzo Bennett.

  • Michael Booth: bien qu’il signe une magnifique deuxième place, Michael Booth a mené toute la course et repartira très amer de Tahiti. Un résultat qu’il impute aux vagues de bateau qui auraient permis un retour rapide de nombreux riders avant la passe de Taapuna. Il connait dans tous les cas une  une grosse défaillance à 1 kilomètre de l’arrivée et ne peut rien faire contre l’envolée supersonique de Marcus Hansen.
  • Titouan Puyo ne semble toujours pas avoir obtenu les faveurs du Fenua. En deux participations au Air France Paddle Festival, le néo-calédonien pourtant favori ne fait pas mieux que 3ème (en 2016) et 4ème en 2018. Espérons que sa confiance reste grande à deux semaines de la Carolina Cup et d’un possible triplé.
  • Connor Baxter: présent dans le groupe de tête sur les 2 premieres kilomètres, il disparaît de la course et à ce jour nous avons aucune nouvelle du numéro mondial qui n’a plus réapparu au cours de la journée de compétition.
  • Lincoln Dews : belle déception pour l’autre australien attendu sur l’épreuve et récent vainqueur du Hoe Toa en Nouvelle-Zélande devant les meilleurs kiwis. Longtemps vu 2ème ou 3ème avec Titoua, il perd 11 places dans les 3 derniers kilomètres.
  • Noic Garioud : Chicken (de son surnom), n’a pas tenu la cadence sous le soleil tahitien malgré un excellent départ. Le jeune néo-calédonien en perd même son boardshort et termine comme toujours, avec le sourire. A noter qu’il ne termine que 3ème junior derrière Keoni Sulpice et Tuhiti Tirao.
  • Ben Rivière : l’autre néo-calédonien que l’on attendait suite à son excellente 5ème place sur la Downunder en Australie avait à coeur de faire mieux et fait le même constat que nombre de ses camarades: très très dur et très très chaud.
  • Yoann et Georges Cronsteadt : 1 et 2 l’année dernière, les frères Cronsteadt manquent le 1er train, selon eux, favorisé par la vague d’un bateau presse obligé de se dégager car mal positionné à l’intérieur du premier virage.
  • Kenny Kaneko: on n’aura pas du tout vu le champion japonais qui dit avoir souffert du clapot à l’arrivée
  • Fernando Stalla: dur retour au haut niveau pour le champion mexicain qui ne signe qu’une 40ème place au scratch. On retrouvera Fernando le week-end prochain sur la plage de Papara pour le 2ème round du Waterman Tahiti Tour

Chez les filles, la lutte entre Sonni Honscheid et Olivia Piana, toutes deux victorieuses sur des éditions précédentes de la Air France Paddle Festival, n’a pas eu lieu. Dès les premiers kilomètres la hiérarchie du podium s’est mise en place et Olivia Piana, un temps à la lutte avec Fiona Wylde, termine en 4ème position. Pour Penelope Strickland, c’est tout simplement l’abandon à mi-course. La néo-zélandaise de 39 ans avoue qu’elle n’aurait pas dû s’aligner sur cette course car souffrante depuis deux mois, mais la tentation de venir sur Tahiti était trop grande.

6. L’armada Tahitienne est bien dans le top mondial

Avec seulement 3 riders étrangers dans le top 12 (Lincoln Dews finit 13ème), on peut dire que les tahitiens étaient au rendez-vous.  Même constat qu’en 2017, Tahiti regorge d’une armée de champions qui a du mal à s’exprimer à l’international du fait de l’isolement de l’archipel polynésien et du manque de moyens. Si ne serait-ce que 5 des riders avaient la capacité de participer au circuit mondial dans les mêmes conditions que leurs concurrents, le classement serait sans aucun doute bien différent. En plus de l’énorme retour de Steeve, on peut saluer en particulier l’excellente performance d’Enzo Bennett du team 425Pro qui s’est illustré sur une grande partie de la course, de Manatea Bopp du Pont qui s’offre une belle remontée avec Rete Ebb, Georges Cronsteadt et Niuhiti Buillard. Que dire encore sur la 15ème place de Ricky Aitamai, qui a pris le départ des 24 kilomètres, 1 heure à peine après avoir remporté la course de prone de 8 kilomètres sur la Lagoon Race. Les deux grosses surprises nous viennent de Haapouaa Mai et de Keoni Sulpice (voir ci-dessous). On peut noter au passage l’absence  de Tamarua Cowan, qui avait signé une jolie 6ème place l’année dernière. Chez les femmes, on peut applaudir la très remarquée performance de Sylvana Ozbolt à 1 minute seulement d’Olivia Piana (5ème et 1ère tahitienne – team 425Pro).

7. Haapoua Mai, la révélation

On adore les surprises et là c’en était une belle! Quand sur une course internationale sont alignés une vingtaine de noms tous plus prestigieux les uns que les autres sur la grille de départ et que c’est un inconnu  qui sort vainqueur du sprint de départ, mène pendant 500 mètres, et, encore plus fort, réussit à rester dans le top 10 en terminant 8ème, cela mérite un énorme coup de chapeau … et de projecteur. Départ en effet explosif du jeune Haapouaa Mai sur sa Naish, qui trompe les pronostics et les commentateurs sportifs (dont moi) qui suppose pendant quelques secondes qu’il s’agit là d’un coup de Nuihiti Buillard. Mais non, Niuhiti est désormais sur SIC et c’est ce jeune rider de 23 ans qui enflamme le plan d’eau. Peu d’informations sont connues 3 jours après la compétition, malgré que plusieurs riders tahitiens aient été consultés à son sujet. Un mystère que TotalSUP a eu coeur d’éclaircir auprès du principal intéressé: “Je pratique le Va’a dans le Club de MATAIEA VA’A depuis 2009 coaché par Rony EBB. Cette année j’ai décidé de reprendre le Stand Up Paddle en freeride, après environ 1an et demi de break. J’ai gagné plusieurs courses : la ANSET paddle RACE 2013,  la 404 Paddle Race 2014, la Rautirare Paddle Race 2014 et plusieurs autres podiums et top10 notamment sur le Waterman Tahiti Tour et le Air France Paddle Festival. Je suis intéressé par un sponsor pour une planche et du matériel et aussi par l’international.” nous a-t-il confié. 

8. Keoni Sulpice: 13 ans, futur champion du monde et pas encore signé!

C’est sur TotalSUP que vous l’aurez lu en premier: Keoni Sulpice sera un jour champion du monde. Si l’édition 2017 a permis de faire connaître au niveau mondial un jeune rider de 12 ans capable de se hisser dans le top 20 d’une course internationale, la Air France Paddle 2018 aura permis à ce même rider aujourd’hui âgé de seulement 13 ans de se faire un nom sur le circuit mondial. Pardon à Keoni pour la pression causée pas ces quelques lignes mais notre enthousiasme pour ce jeune homme humble et bosseur, suivi localement par Starboard Tahiti, à la technique parfaite acquise auprès de ses bienveillants “grands frères” tahitiens depuis plusieurs années est tel que nous ne pouvons nous empêcher d’appeler haut et fort les responsables de marques, la fédé de surf tahitienne et les organisateurs de course à tout mettre en oeuvre pour donner la chance au “Phénomène” de gagner rapidement en expérience sur le plan international avec au passage un contrat et du matos solide et un paquet d’invitations. Keoni, non seulement s’accroche au premier train mais il vient jusqu’à flirter avec la 4ème place pendant un bon moment. Impensable sur une course d’un tel niveau! Les derniers kilomètres qui lui font perdre quelques places permettront de se rassurer sur la marge de progression encore possible, mais le jeune tahitien termine 11ème, à seulement 1 place de l’objectif ambitieux du top 10 qu’il s’était fixé.  Une performance que l’on ne peut s’empêcher de comparer à celles d’un autre rider précoce, aujourd’hui numéro 1 mondial … un certain Connor Baxter.

9. TNTV, Pionnier de la retransmission télévisuelle dans le SUP

Grâce à des moyens télévisuels professionnels inégalés dans le monde du Stand Up Paddle et apportés par la chaîne partenaire TNTV avec des images aériennes fournies par Tahiti Fly Shoot, des dizaines milliers de spectateurs ont pu suivre la course en direct et en replay à travers le monde, avec Chris Parker sur les commentaires du flux en anglais et Mathieu Astier, fondateur de TotalSUP sur la retransmission en français.

Replay de la course Elite du Air France Paddle Festival 2018 en français

Replay of the Elite race of the Air France Paddle Festival 2018 in English

10. Les résultats

Un grand merci au Manava Suite Resort Hôtel de Punaauia pour l’excellent accueil pendant le Air France Paddle Festival

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