Florent Dode, le Dépassement de Soi Permanent

28/01/2016

Bien connu du circuit de SUP race français, Florent Dode a été propulsé sur la scène internationale suite à sa 2ème place sur la SUP 11 City Tour en Hollande en septembre dernier. Après 2 ans passés sous l’étendard BIC SUP, il vient de rejoindre son ami shaper Patrice Remoiville sous la nouvelle marque 3 Bay Paddle. L’un des favoris de Ze Caribbean Race 2016 qui aura lieu ce samedi 30 janvier, nous livre ses petits secrets.

Florent peux-tu nous rappeler ta fiche d’idendité et ton palmarès?

Je m’appelle Dode Florent, j’ai 35 ans, originaire de Font Romeu, je me suis installé dans les Landes à Vieux Boucau depuis 6 ans comme Kinésithérapeute et retourne en montagne durant les vacances d’hiver donner quelques cours de ski.
Venant de la montagne, j’ai toujours fait du ski depuis mes 4 ans et pendant des années en competitions. J’ai grandi à travers le sport avec toujours autant de plaisir mais aussi avec le besoin de se dépasser. Beaucoup de ski de rando l’hiver, du vélo et de la course à pied le reste de l’année.
Avant de commencer le stand up, je suis passé par le bodyboard quand j’étais gamin avec mon cousin lorsque l’on passait nos vacances à Contis chez notre oncle!! On a ensuite acheté notre premier longboard à l’âge de 17 ans avec mon premier chèque de ma vie qui à rendu bien service avant de finir en 2.
C’est en 2005 que j’ai ramé debout la première fois à Vieux Boucau en 2005 avec un longboard de 11 pieds et une pagaie de canoë dont j’avais modifié le manche avec un tube en aluminium.  A partir de là, je n’ai plus touché une planche en dessous de 10 pieds pour aller surfer.
Pour ce qui est de mon palmarès, je n’ai rien de bien miroitant (clin d’oeil) mais je suis d’avantage content lorsque je fais des défis personnels ou entre amis que de finir 1er à une course même si c’est toujours gratifiant. Je garde quand même un état d’esprit compétitif!!

Mon palmarès:
– 2ème de la 11 city tour Hollande (2015)
– 4ème  aux championnats de France (2015) 14 pieds
– 2ème  (2014) et 3 ieme (2015) paddle trophy Morbihan 20km
– 209km Canal du Midi en moins de 30h (2014)
– 130km de la Dordogne en moins de 11h (2015)
– 60km descente de l’Adour
– Champion d’Aquitaine 2014, 2015.
– Autres que le SUP: Ultra Trail 6000D 110km en 17h (2009)

Ta réputation sur le circuit français te présente comme un fan des longues (très longues) distances. Est-ce que c’est comme cela aussi que tu te définirais?

Oui en effet, j’apprécie les épreuves longues et difficiles quelques soit les activités, j’ai un goût prononcé pour le dépassement de soi. C’est pour moi un exutoire qui permet de mieux se connaitre et de prendre de l’assurance sur soi-même.
Pour l’année 2016, je me tourne sur des longues distances avec pour commencer ZeRace dés le mois de janvier en Guadeloupe, il y aura sur mon programmes la 11 City tour en Hollande qui reste pour moi mon terrain de jeu favori, le Paddle throphy du Morbihan, l’intégrale de la Dordogne 130 km et bien-sûr les championnats de France en fin d’année.

Pour ta première participation au SUP 11 City Tour, tu termines 2ème! Peux-tu nous raconter cette expérience
Résumé de mes 5 jours de courses sur l’enregistrement.

En terminant deuxième de le SUP 11 City Tour en septembre dernier, ton nom a été propulsé sur le devant de la scène internationale. Que représentait cette épreuve pour toi avant d’y participer? Et qu’en penses tu maintenant que tu l’as réalisée?

Pour moi la 11 city tour représentait exactement le type de format de course qui me correspond: long, plat et dur!
Avec du recul maintenant, je trouve toujours cette épreuve aussi difficile mais il y a un paramètre qui peut rendre cette course soit plus facile soit plus dure: le satané DRAFTTTTT!!!

Ce que je retiendrais de cette petite semaine en Hollande: c’est l’accueil et la gentillesse des gens, de la super organisation qui est réglée comme une horloge, des canaux qui n’en finissent plus…
Sur le plan sportif: c’est une épreuve hors du commun qui permet comme dans d’autres sport de longues durées, de dépasser ses limites et de mieux les connaître. Cette année, les conditions météorologiques non clémentes ont rendu l’épreuve très dure avec des vents très fort et des températures basses. Ajoutez à ça la distance et un rythme soutenu… vous finissez la semaine comme une serpillière!

Quels ont été les moments forts?

Il y a deux temps forts pour moi:
– Le premier, dès le 1er jour, lorsque l’on rate avec Steeve (ndlr Steeve Teihotaata le tahitien gagne l’édition 2015) le dernier canal qui nous mène à la ligne d’arrivée! On pensait se faire disqualifier alors que l’on venait de se taper 40 bornes. Finalement, l’organisation décide de stoper les GPS à l’endroit où l’on a raté le canal afin d’avoir tous la même arrivée.
– Le deuxième temps fort, c’est le lendemain, marqué par des conditions météos un peu radicales (vents, pluies, froids et éclairs)
Autant dire que lorsque vous avez de l’orage et que vous êtes le seul point culminant avec en plus une pagaie en carbone, on faisait pas trop les malins!

Comment as tu mené ta bataille avec Steeve Teihotaata (1er) et les frères Hasulyo ( 3 et 4)?

Avec du recul, j’ai mal géré mes courses d’un point de vue stratégique.
Les freres Hasulyo, que je ne connaissais pas, avaient des départs fracassants! Cela m’a fait sourire le premier jour car dans ma tête je me disais qu’ils partaient pour un 5km mais finalement ces “bougres” n’ont pas lâché l’affaire et ont tenu le rythme.
Pour ma part, tous mes départs étaient pourris et souvent finissaient à l’eau! J’arrivais toujours à revenir sur eux après plusieurs kilomètres mais en laissant beaucoup de jus.
Steeve quand à lui, était toujours dans les bons départs et restait dans le train de draft, il a su se mettre à l’abri pour optimiser son effort et sortir quand il fallait! Et c’était la bonne stratégie à adopter!
C’est finalement le deuxième jour que tout s’est joué pour le classement finale. 8 km après le départ toujours aussi fracassant des frères Hasulyo, j’ai profité d’une pause gel energétique des deux frères pour poser une attaque entraînant avec moi Steeve! Tout au long de l’étape, on a agrandi notre écart avec les suivants pour finir avec plus de 15 min d’avance.
Mon combat avec Steeve était déjà fini depuis la première étape car sauf défaillance technique ou physique de sa part, je n’aurais pas pu récupérer le 2 ou 3 minutes qui nous séparaient. Steeve a parfaitement géré son avance et c’était sympa d’avoir pu partager çà avec lui!

Quels conseils de préparation donnerais-tu à de futurs candidats au SUP 11 City Tour? 

Pour faire cette course surtout si on se lance pour les 5 jours, il est evident qu’un gros volume d’entraînement basé sur des séances de plus de 2h est nécessaire si l’on veut pouvoir enchaîner les étapes sans trop souffrir.
C’est une course accessible à tous grâce notamment aux canaux qui rendent le plan d’eau facile. Il faut ramer chacun à son rythme en essayant de se greffer sur des trains de draft qui nous correspond le mieux.
Il n’y a pas besoin d’être un gros rameur mais un peu de folie suffit pour rechercher ses limites smile

Tu étais chez BIC pendant plusieurs années et tu viens de rejoindre la nouvelle marque de Patrice Remoiville, 3 Bay Paddle, peux-tu nous commenter cette nouvelle étape?

Oui j’ai eu la chance de pouvoir ramer chez BIC pendant deux ans et je les remercie encore pour leur soutien. Mais cette entrée chez eux n’aurait pu se faire sans la connaissance de Roro (Patrice Remoiville) que j’ai rencontré la première fois dans son atelier de shape à Hossegor. Une histoire d’amour smile qui a commencé en 2013 quand je suis allé le voir pour me faire ma première planche de race de couleur vert pomme pour ceux qui la connaisse! Roro est un amoureux levitra, du surf avant tout, qui a acqui beaucoup d’expérience et a su avec succès mettre au point des planches de race très performantes.
C’etait pour moi évident de continuer l’aventure avec lui, non seulement parce que c’est Roro avec qui j’ai pu partager des bons moments mais aussi parce qu’il fait de très bonnes planches!
3Bay a un bel avenir! N’oublions pas que ses planches sont uniques et faites en France. C’est du sur-mesure mais à des prix plus abordables que des planches de série!

Tu t’apprêtes à participer à ZeRace, l’un des plus longs downwinds au monde avec 50 kilomètres à parcourir. Quel est ton objectif? Es tu un spécialiste du downwind? A quoi t’attends tu?

Oui il me tarde de pouvoir faire cette course et de goûter les ti punch locaux.
Pour être plus sérieux, c’est un downwind et pas un 50km sur du plat, ce sont des distances que j’apprécie mais je ne suis en aucun cas un spécialiste des DownWind!
Mon objectif est sera le même que tous le monde: ce faire plaisir!  J’espere etre à la hauteur pour pouvoir jouer sur le terrain de jeu des Guadeloupeens, la bataille va être serrée…
On ne peut rien prévoir, un coup de chaud, une pagaie qui casse, une hypo, mauvais choix d’itinéraire… la course est loin d’être gagnée pour tous les prétendants.
On verra bien le jour J, dans tous les cas on va surtout essayer de tout donner!

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